A peine le Président a-t-il achevé son bavardage sur la relance de la croissance, que son ministre du budget est emporté par des malversations fiscales.
A l’incompétence et à la trahison de nos intérêts dans une Europe allemande consentie, viendrait donc s’ajouter l’opprobre sur un régime de Tartuffes et une élite de tripot qui vilipendaient hier encore « argent » et « riches ». Un seule vraie question se pose.
Cette affaire Cahuzac doit-elle, en effet, être considérée comme un accident isolé ou, tout au contraire, comme un mal endémique qui ronge la République ?
Sans approfondir la légitime interrogation sur le trésorier de campagne de « Moi Président.. » actionnaire de sociétés aux iles Caïman, paradis fiscal bien peu « de gauche » en principe, force est ce constater la longue litanie, chaque fois que les socialistes ont été au pouvoir, de leurs magouilles et carambouilles.
Faut-il rappeler les scandales à répétition sous Mitterrand ?
Chacun se souvient des délits d’initiés de la Société Générale et de Pechiney-Triangle impliquant Alain Bloubil directeur de cabinet de Béregovoy , Roger Patrice Pelat proche du Président et Max Théret financier du PS, ou du scandale du Carrefour du Développement impliquant Christian Nucci ministre de la coopération, de l’affaire Luchaire qui couta sa place à Charles Hernu ministre de la Défense et ami de Mitterand, de l’affaire ELF où furent impliqués Loïc Le Floch Prigent PDG « rose » et Roland Dumas , ministre des Affaires Etrangères pour détournements à des fins privées, sans oublier la faillite du Crédit Lyonnais qui mit à jour les prébendes dont bénéficiaient des familiers de Pierre Beregovoy, ministre des finances,et impliqua Jean Claude Trichet, ou encore les générosités de la MNEF qui entretint de ses largesses Cambadélis, Le Guen , Valls et DSK, ou récemment celles de SOS Racisme qui assura une situation confortable à Harlem Désir…Sans omettre aussi les arrangements des PDG « roses » nommés suite aux nationalisations de 1981 qui ont puisé dans les caisses pour leurs besoins personnels voire ceux de leurs maitresses : Attali à Air France, Gomez chez Thomson …
Et encore, seuls sont listés des scandales relevant de la cupidité personnelle des prétendus Saint Just de la République…manquent sur un autre registre les financements occultes du PS avec l’affaire Urba, ou les écoutes téléphoniques ordonnées par Mitterand, pourtant auteur du « Coup d’Etat permanent ».
En somme, les socialistes, et les Français qui les soutiennent, souffrent d'une sorte de schizophrénie dans leur rapport à l’argent.
Celui-ci est réputé incontestablement « sale ou douteux » tant qu’ils n’y ont pas accès, mais dès se présente l’opportunité de se vautrer dans la confiture, alors rien ne saurait les retenir de s’en goinfrer et d’abuser de ses délices entre deux sermons !
Dire cela n’est évidemment pas exonérer la droite et le centre qui depuis 40 ans affichent un palmarès comparable, depuis les diamants de Bokassa et les avions renifleurs, les affaires Boulin, Botton, des HLM de Paris, jusqu’à celles de Karachi et Bettencourt, en passant par les emplois fictifs du RPR.
Mais au moins la droite libérale ne cache pas son gout pour l’argent et ne fait pas du dénuement une religion de vertu.
La droite et gauche pêchent également en somme, mais seule la gauche a le front de prêcher l’abstinence !
Dès lors, si l’affaire Cahuzac n’est pas un cas isolé, si les profiteurs et les fraudeurs prolifèrent de plus en plus aisément dans la classe politique, n’est-ce pas l’évidence que quelque chose ne va plus dans les mœurs de notre République, c’est-à-dire au final dans celles de la société française ?
Quand cette société adopte le nihilisme du laisser aller dans les familles, dans les écoles, dans la justice, comment peut-elle en effet espérer des citoyens et des dirigeants intransigeants dans leurs missions, leurs devoirs, leur probité?
Quand une société continue de porter les utopies du « il est interdit d’interdire » soixante huitard, du renoncement à l’effort, de la permissivité sans fin des mœurs, de l’assistanat paresseux, comment pourrait-elle éviter que certains de ses produits, fussent-ils des « élites », ne s’affranchissent aisément de garde fous moraux moribonds après 50 ans de contournement et de dénigrement ?
Inutile alors de chercher ailleurs les causes du mal qui ronge le pays et ses institutions !
Nos élites d’aujourd’hui ont toutes, à des degrés divers, fait partie ou hérité des étudiants de mai 68, de leur idéologie d’enfants gâtés d’une bourgeoisie que la prospérité facile de l’après-guerre avait ramollie.
A gauche, les socialistes se sont révélés les plus fidèles adeptes de cette idéologie du renoncement à l’effort, du rejet des contraintes morales, de l’idée qu’il convient de jouir de tout avec le minimum de règles.
De là découle leur conviction profonde que la famille traditionnelle est un frein à « l’émancipation » des individus et des enfants : de là procède le rejet de l’autorité parentale prétendument traumatisante qui se traduit finalement par des jeunesses sans repères qui produisent à leur tour de piètres éducateurs.
De la procède que les couples homosexuels, dont il faudrait satisfaire les aspirations contre nature, soient autorisés à adopter des enfants voire à bénéficier de procréation assistée ou pour compte d’autrui.
Du rejet des contraintes morales et du renoncement à l’effort naissent la permissivité de la justice, l’incapacité de l’éducation nationale à former et à intégrer des têtes bien faites, la culture narcissique de l’individu autorisé à vivre aux dépends de la collectivité, à s’affranchir de l’Histoire dont il est dépositaire et de la Nation dont il porte le devenir pour des utopies internationalistes sans devoirs.
De là procèdent le laxisme des juges conforté par Mme Taubira, le déclassement constant du niveau scolaire de nos enfants dans les classements internationaux , le déni de l’esprit civique et les gaspillages en tous genres de deniers publics sans cesse accrus pour le compte de profiteurs de tous poils, l’ouverture sans limite du pays à toutes les immigrations, et le renoncement à la France dans l’Europe.
De là enfin et surtout provient que les Français n’ont plus d’ambition collective pour la France, leur pays !
Sans une telle ambition qui seule peut susciter les ardeurs dépassant les intérêts particuliers, la France a perdu le ressort moral indispensable pour relever la tête et bander ses muscles afin d’entrer au premier rang dans ce siècle.
Tout au contraire, c’est l’affaissement moral croissant depuis 40 ans qui est la cause principale du déclin car ce pays doté d’une démographie dynamique, d’une main d’œuvre de qualité, d’infrastructures performantes, d’une épargne abondante, d’un rayonnement international, est brillamment doté par la nature et l’Histoire.
Alors chacun s’en retourne à ses popotes tandis que le dernier énarque élu égrène sans y croire son catalogue à la Prévert de mesures vaines censées changer le destin d’une collectivité qui se meurt d’ennui.
Alors tapis dans les ors des palais ou leurs annexes, à l’abri de l’engourdissement général et en attendant la chute pressentie de l’empire, les profiteurs profitent et accumulent….
« La France dégradée ne survivra pas sans un Saint Just ou un De Gaulle » écrivais je déjà pour les vœux 2012….plus que jamais , nous voici en 2013, il y va de sa survie…et de la vôtre.
Roger Franchino