Crispé par les sondages et plus encore par les démentis de la réalité, incantatoire , germanophile à la caricature, ainsi est apparu dans la forme le Candidat Président, car il sera candidat, fut ce à sa défaite inéluctable dès lors que sa légitimité même est en cause.
De ce point de vue , nous avons été repus jusqu’à l’indécence des mérites de l’Allemagne qui en a bien sûr , mais qui sont le résultat de son Histoire , de sa culture, de son organisation, de son patriotisme économique affirmé, toutes choses si différentes de celles de la France.
« Si ça marche en Allemagne, pourquoi voulez-vous que cela ne marche pas de ce côté-ci du Rhin ? » a-t-il martelé tel un vendeur de foire.
Poussant cette logique absurde à son terme, que n’adopterions nous pas alors l’Allemand comme langue officielle en France puisque cela marche bien de l’autre côté du Rhin !
La chose est grave pour trois motifs.
En premier, c’est ignorer les différences fondamentales culturelle, économique, politique entre nos deux pays.
L’Allemagne dispose depuis 150 ans d’une industrie dominante à l’image puissante , d’un capitalisme plus industriel que financier, de relations sociales traditionnellement consensuelles renforcées par la cogestion, d’une organisation politique décentralisée, d’une démographie nombreuse mais déclinante, quand la France tout au contraire a fait tardivement sa révolution industrielle, s’est soumise à un capitalisme de plus en plus financier, souffre de traditions sociales conflictuelles, d’une organisation hyper-centralisée, dispose d’une population inférieure de 17 millions d’habitants mais en croissance…
Bref nous n’avons pas grand-chose en commun hormis une frontière, un régime démocratique, l’union européenne et… une longue histoire de rivalités.
Dès lors, nous ne devrions déjà pas avoir la même monnaie si celle-ci doit être celle de l’Allemagne, monnaie trop forte pour nous, surévaluée de surcroît par rapport au Dollar , au Yuan, au Yen …L’euro est trop cher de 30% et est géré comme le Deutschemark par une BCE qui n’est qu’un clone de la Bundesbank, ne cessons nous de répéter ici !
Il n’y a tout de même pas que France Rebelle à le proclamer: hier encore Mr Krugman , prix Nobel d’économie ne disait pas autre chose sur BFM TV !
Oui, nous avons perdu notre compétitivité depuis 20 ans, et pas seulement par rapport à l’Allemagne, d’abord parce que nous laissons entrer sans mesure les produits issus des dumping asiatiques ou facturés en dollars sans cesse dévalués, puis à cause de nos autres sottises , de la retraite à 60 ans au millefeuille des collectivités locales, d'un Etat trop centralisateur à un emploi public pléthorique.
Dès lors, si l’idée de TVA en substitution des charges sociales portant sur notre seul travail est bonne , le dosage retenu avec une baisse minime de 3,4% du coût horaire jusqu’à 2,1 fois le smic ( les Echos du 30 Janvier) est très loin de ce qui serait nécessaire. Faut-il rappeler que le coût du travail ne représente qu’un peu plus de 1/3 du prix de revient complet d’un produit, dans lequel figurent les amortissements, les frais de structure et généraux et la consommation de matière. On ne parle donc en réalité que d’une baisse potentielle de 1,13% de ce prix de revient. Tout juste de quoi restaurer un peu les marges , certainement pas assez pour relancer les exportations !
En vérité, il faudrait dévaluer nos prix de vente de 10% à 15% par rapport à l’Allemagne, de 30% par rapport au dollar et au yuan pour les relancer vigoureusement tant que nous avons encore des usines ! Mais le mot dévaluation est devenu une obscénité pour nos économistes et politiciens germanisés !Alors on bidouille sur les charges, le temps de travail, les aides ceci ou cela, à droite comme à gauche...sans effet!
De même les accords de compétitivité privilégiant les emplois en cas de baisse d’activité sont une bonne idée dans un pays où les salariés peuvent influer sur la stratégie d’entreprise comme ce peut être le cas en Allemagne. Ce n’est pas le cas en France, parce que ni le patronat ni les syndicats ne le veulent comme l’a montrée leur opposition idéologique à l’idée de participation. C'est pourquoi, les accords de compétitivité en France ne seront qu’une machine destinée à « libéraliser le marché du travail » sans contrepartie comme le souhaitent d'ailleurs Standard & Poors et les ayatollahs du libéralisme.
En second, l’amitié franco-allemande condition du développement de l’Europe, a été construite par De Gaulle et Adenauer sur la base d’un principe de parité. Le déséquilibre installé notamment par le traité de Maastricht et ses conséquences qui éclatent enfin au grand jour, que je démontrais ici dès 2008 avec« l’Europe allemande ou les erreurs de la France », menace l’Europe et porte en germe la renaissance d'une mésentente entre les deux pays. C’est grave !
En troisième lieu et non le moindre, la légitimité d’un Président dépend de sa capacité à incarner la Nation , conformément à son histoire millénaire, à défendre ses valeurs, sa souveraineté et ses intérêts, à mobiliser son génie propre pour assurer son avenir et sa grandeur. La France n’a pas à se vautrer, comme aux pires heures de notre Histoire , dans une allégeance coupable à quiconque. La France est la France, avec ses gloires et ses défaites, ses forces et ses faiblesses, mais c’est la France !
Dès lors, elle ne saurait avoir à sa tête une sorte de gouverneur appliquant les directives de Berlin, important à toute force des règles qui ne sont pas dans la nature des choses de ce côté ci du Rhin !
Pas plus qu’elle ne saurait voter pour un candidat qui ferait campagne avec la Chancelière d’Allemagne, ou tel autre, dans ses fourgons !
Ce Président candidat, pour légalement élu qu'il fut, devient derechef illégitime, comme d’autres en d’autres temps, pour avoir bradé notre souveraineté contre la volonté des Français avec le traité de Lisbonne hier, pour accepter la tutelle allemande sur nos budgets demain, ou pour vouloir ostensiblement imposer un modèle étranger qui sclérose le pays..
Tout doit donc être fait pour lui faire barrage comme cela doit l’être pour faire échec à tous ceux qui, de Hollande à Bayrou, participent du même renoncement , fût-il moins indécent dans les mots, mais tout aussi patent dans les actes depuis 30 ans.
La France s’enfonce avec ces hommes là un peu plus chaque jour , chaque minute, chaque seconde disions nous avec nos vœux pour 2012…
Il dépend des Français de changer le cours des choses que le système et les médias tentent de maintenir contre l 'intérêt du pays …
Pour cela, il y a un autre Nicolas!
Roger Franchino