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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 17:00

Ce début d’automne 2012 sent  l’automne 1939 pour ceux qui connaissent leur  Histoire, fort peu nombreux il est vrai, ou pour les témoins encore vivants de ce temps des illusions , des menaces, et des avachissements de la société.


Que voit-on au gouvernement ?

D’un côté un Président élu sur l’anti Sarkozy  qui mène pour un part essentielle la même politique de soumission à l’Europe allemande avec le pacte de stabilité budgétaire , l’austérité, le recours aux marchés pour financer la dette, la déréglementation « de gauche » du marché du travail

Les conséquences seront les mêmes que sous le règne précédent : faible croissance ou récession, délocalisations, chômage, déficit aggravé des échanges extérieurs, appauvrissement de l’Etat, et dette toujours plus contraignante.

Mais il l’aggrave car il continue de penser que l’on peut dépenser plus que l’on a…au lieu de réduire la dépense publique truffée de gaspillages tels les 50 milliards€  annuels à des agences d’Etat épinglées par la Cour des Comptes parce qu’elles ne servent à rien, qui excède de 165 milliards € celle de l’Allemagne pour 17 millions de citoyens en moins, de supprimer les départements en  doublon avec les régions et les communes, il se fait gloire « de ne pas l’augmenter d’un euro »…

Pire, il retourne aux vieux corporatismes et au clientélisme de la gauche soixante huitarde en recrutant 40 000 enseignants supplémentaires sous employés avec 25H de travail hebdomadaires, quand l’Education Nationale est devenue une administration pléthorique, mal gérée et  de plus en plus inefficace comme en attestent le niveau d’illettrisme en croissance constante et le recul du niveau des petits Français dans les classements internationaux.

Il va ponctionner les Français de 20 milliards €  supplémentaires, ménages et entreprises, pour continuer de financer gaspillages ,  sinécures,  assistanat.

Pour cela tout est bon dans la social démagogie, avec la taxation de 20% de l’intéressement et de la participation qui associent les salariés aux résultats de l’entreprise, en remettant en cause les emplois à domicile, en rognant  les retraites, en lançant des ballons d’essai sur la taxation des livrets A, en alourdissant la fiscalité des auto entrepreneurs souvent dernier refuge des chômeurs, en s’attaquant à la médecine libérale… et pour que les cocus de la présidentielle se réveillent le plus tard possible, on leur promet que tout sera réglé en 2014 ou que les 1000 plus haut revenus de France auront une tranche d’imposition à 75%...

Non contents de  fuite en avant  européenne et économique, les illusionnistes du PS tentent diversion en s’attaquant aux fondements de la famille et de la Nation.

Contre la famille, les homos vont pouvoir se marier plutôt que se pacser, et, pire, adopter des enfants…qu’est ce qui autorise nos ex barbus à prendre le contrepied de la nature qui a voulu qu’un enfant soit élevé par un homme et par une femme, l’un complétant l’autre de ses caractéristiques propres ?Se prennent-ils pour Dieu ces complexés des lois naturelles qui, par ailleurs, nous rebattent les oreilles d’une écologie souvent primaire ?

Contre la Nation, non contents de conspirer à sa dilution depuis 50 ans avec l’Europe et l’immigration sans République, ils veulent donner le vote aux étrangers pour les élections locales , assoiffés d’assoir  une nouvelle clientèle comme il l’ont fait à l’Education Nationale et dans la fonction publique en général….75 députés PS oeuvrent en ce sens, l’œil rivé sur « leurs » municipales de 2014.

Nous sommes en ordre de bataille pour redresser la France disent- ils ,  mais comme nos armées  en 1939,  nous sommes dépourvus de vision, de moyens, et surtout de chefs patriotes.


Voit-on un recours dans l’opposition ?

Du côté de l’UMP, on prend les mêmes pour recommencer les délires libéraux , fédéralistes, dans un parti caporalisé par une poignée de carriéristes.

Fillon , pince sans rire au cynisme britannique , invoque une fois de plus le « gaullisme social » , l’un comme l’autre lui étant devenus étrangers depuis si longtemps que nul ne s'en souvient.

Coppé, plus direct , se revendique de la droite conservatrice française à peine moins bornée que celle de  Mitt Romney , candidat de l’absurde aux USA.

Et les godillots de l’ UMP vont emboiter le pas à l’un des deux …. Sans broncher !

 Ailleurs tandis que Bayrou est à la trappe,  Borloo tente de ressusciter un parti de droite baptisé centre parce qu’il dit la même chose que l’UMP  sans rouler les mécaniques…

Les uns et les autres, parti du renoncement de droite  ou parti gauche du renoncement nous gouvernent depuis 1974, avec les résultats que l’on sait, et ne renieront pas leurs erreurs, tant qu’elles ne leur couteront pas leurs postes ou leurs espoirs de retour aux commandes, fut ce d’une province européenne autrefois appelée France.  


Reste-il alors des patriotes ?

Le Front de Gauche en compte beaucoup, mais il s’est fourvoyé parce qu’idéologiquement il ne veut pas voir qu’il n’ y a pas de classe populaire européenne, que l’internationalisme n’a aucun sens, et que la Nation qui commande le sort des travailleurs n’est aujourd’hui défendue  que par d’autres patriotes qui se trouvent minoritairement au PS, et majoritairement au FN !

Le FN  poursuit son aggiornamento idéologique cahin-caha,  encore partagé entre les nostalgiques de l’antisémitisme, de l’Algérie Française, et ceux qui veulent un renouveau ferme mais moderne  de la société et du pays. Tant que les scories du passé n’auront pas été passées par-dessus bord, le FN restera en procès d’excommunication démocratique. A Marine le Pen d’achever la tâche entreprise.

Les gaullistes enfin se cherchent , dispersés ou dans un petit mouvement, DLR, qui a soutenu un candidat à la présidentielle. Un espoir certes, mais fragile s’il reste sur les terres exclusivement souverainistes de De Villiers, ou s’il apparait comme une pâle copie du FN. La souveraineté nationale commande bien des choses, mais les Français attendent un projet de société plus vaste qui leur rende l’espoir, leur montre une vision de l’homme au sein de la cité et de l’entreprise pour cesser de se faire balloter , flouer, écraser, et pour retrouver l’âme du combat nécessaire au redressement du pays.


« Il n’ y a qu’une cause qui vaille, celle de l’Homme » disait le général De Gaulle.  C’est pour cela, mais aussi parce que le monde va plus vite, parce que l’intelligence est plus exigeante, parce que l’implication de tous doit être mobilisée et parce que les technologies modernes condamnent les systèmes pyramidaux et autistes, que le développement de la participation  partout doit être plus que jamais au cœur du  projet. Les gaullistes d’aujourd’hui en sont- ils capables ? De la réponse dépendra leur renaissance politique ou non.


Ainsi va la France en cette rentrée…la débandade partisane ne présage rien de bon.

 

Roger Franchino

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 17:19

 

« Moi, Président… » , reposé comme un citoyen normal,  a présenté à des Français pas normalisés , son plan de redressement qui vient après tant d’autres dans une Europe allemande qui se débat comme un canard sans tête.

Il faudra trouver au moins 30 milliards € pour équilibrer, peut être, le budget de l’Etat en 2013!!


Réduira-t-on les gaspillages ?

L’administration des 65 millions de Français coûte 165 milliards € de plus chaque année que celle de 82 millions d’Allemands, et nous employons pour cela 500 000 fonctionnaires de plus ( Nicolas Baverez, économiste auteur de  « la  France qui tombe »).

Les collectivités locales, socialistes pour la plupart, ont recruté 350 000 fonctionnaires en 10 ans pour truffer le millefeuilles  administratif du pays, avec communes, départements et régions aux compétences superposées.

Parle-t-on de rationnaliser cela avant d’augmenter la pression fiscale sur les ménages et les entreprises seules créatrices de richesses ?

Que nenni! « Moi , Président … » sait où sont ses clientèles et ses relais de pouvoir partisan !

Alors il sanctuarise les effectifs pléthoriques d’une Education Nationale inefficace mais pourvoyeuse de militants, ceux de la Justice compassion, ceux de la sécurité quand les « hirondelles »  vont par trois pour collecter des PV, et conserve départements et régions tous et toutes plutôt roses copains.

La Défense reverra ses programmes à la baisse, et la France continuera ses grimaces de grande nation déchue, en Syrie , en Afrique, et ailleurs, n’ayant plus les moyens de jouer un rôle à ses propres  portes.

 

Mais on taxera et tondra tout ce que l'on pourra, ménages et entreprises, pour que durent les sinécures!


Retrouvera-t-on la croissance ?

Non plus, car les mêmes causes engendrent les même effets.

La politique de vassalisation à la loi allemande  qui fut celle de Sarkozy est reprise dans son intégralité, avec le Traité scélérat sur le Pacte Budgétaire qui sera signé par l’ensemble du parti du renoncement PS-UMP, et les Français qui ont cru le contraire auront été dupés comme cela avait été pronostiqué ici avant la présidentielle.

L’Allemagne ne lâchera  qu’en dernier recours l’euromark qui a conforté son industrie, lui a permis de dégager 1000 milliards d’euros d’excédents en 10 ans, et  d’acquérir 2000 milliards € d’avoirs à l’étranger.

C’est pourquoi Mario Draghi  a pu lui forcer la main en imposant momentanément de venir au secours des dettes à court terme du Sud, mais ne sauvera que temporairement la zone car  les banques centrales ne rétablissent pas la compétitivité des économies.

 

L’euro restera surévalué, l’Europe ouverte aux pays bas coûts car l’Allemagne leur vend machines outils et voitures de luxe, et ce qui reste d’industrie française continuera  à délocaliser ou à péricliter.

Le déclin ne peut que s’accélérer avec le renoncement à la souveraineté budgétaire et l’explosion se rapprocher avec ce nouveau pouvoir tout aussi illégitime que le précédent.


Alors où sont les recours ?

Evidemment , ni à l’UMP , ni au Centre co-gérants avec la gauche du déclin depuis 40 ans.

Ni à l’extrême gauche qui n’a pas su choisir le bon sens au moment de la présidentielle, ni à l’extrême droite tant que l’aggiornamento des références sulfureuses du passé n’aura pas été mené à son terme par Marine le Pen.

Le gaullistes , alors peut-être, si peu représentés, si éclatés ?

Nous avons eu un candidat à la présidentielle…hé bien qu’il reprenne le flambeau pour le porter plus loin, plus haut !

Les Français ont besoin d’une vision de la Nation, et d’un projet social , indissociables pour retrouver l’espoir pour les uns , adhérer pour les autres.

La souveraineté est la condition qui commande tout, mais elle reste insuffisante sans le « re-engineering » du fonctionnement de la société.

La famille, l’éducation, la sécurité sont les piliers du contrat social, mais la façon dont les citoyens dans la cité, les travailleurs  dans les entreprises sont associés aux choix  commande la mobilisation des ardeurs  ou la passivité.

Hors, la France  a besoin de mobiliser ses enfants pour un redressement collectif qui transcende les individus, où chacun et chacune comprend le sens de son effort.

Nous ne pouvons plus au XXI ème siècle, avec l’intelligence de nos enfants, l’évolution des technologies, le raccourcissement du temps, obtenir l’engagement efficace en imposant du haut comme au XVII éme siècle !

La participation dans la cité et dans l’entreprise via la cogestion  doivent devenir le quatrième pilier du contrat social, parce qu’il n’ y a pas d’alternative dans une société du savoir, parce que c’est notre chance dans un monde d’esclaves, parce que d’autres qui ont choisi cette voie sont plus efficaces que nous,   et parce que les Français resteront toujours des Français, râleurs certes, mais capables du meilleur aussi lorsqu’ils  se mobilisent.La participation n 'est plus aujourd hui une option mais une obligation!


La souveraineté sans la participation est une démocratie unijambiste, et un gaullisme sans participation est une contrefaçon pompidolienne!

 

Roger Franchino

 

 

 

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 11:12

Ce matin se confirme la déroute de la production automobile en France, avec l'annonce de la fermeture de l'usine PSA d'Aulnay et le licenciement de 8000 salariés qui touche  le coeur du savoir faire avec le sacrifice de la R&D.

Comment en est on arrivés là?

 D'abord  la baisse des marchés européens de 25% en 5 ans, la hausse des coûts salariaux avec les 35 heures notamment,  une stratégie internationale  timorée ( 61% des ventes en Europe) qui a longtemps piétiné en Chine, au Brésil et en Argentine, des échecs répétés aux USA, un positionnement produits bas et moyenne gamme.

C'est déjà beaucoup. Est ce suffisant ?

Non si l'on en juge par les résultats obtenus par Volkswagen, voire par Renault.

 

Le premier gagne beaucoup d 'argent et progresse partout, porté par l'image du "made in Germany", par une implantation ancienne  en Amérique du Sud et efficace en Asie, par une politique de marque intellligente qui va du "low cost "avec Skoda aux marques "premium" avec Audi et maintenant Porsche, par la sous traitance en Europe Centrale,  par une cogestion qui fait que les salariés ont pu accepter des sacrifices lorsque la situation était grave en 2004/2005 en contrepartie de la garantie d'emploi, par le rôle stabilisateur du Land de Basse Saxe.

 

Le second gagne de l'argent essentiellement grâce à  un Nissan fort en Asie , en Amérique du Sud, aux USA  et à Dacia "low cost" roumain en Europe et bientôt marocain.

 

Alors, qu'est ce qui explique la différence de situation?

 

Des raisons internes d'abord à commencer par un style de management militaire, avec des dirigeants autocrates issus de grandes écoles qui leur ont fait croire qu'ils étaient infaillibles sans avoir été préparés aux marchés mondialisés. Ce n'est pas une affirmation gratuite, car j'ai été cadre dirigeant de ce groupe.

La théorie "X" de management, calquée sur le modèle monarchique, étouffe le bon sens, l'agileté, gaspille les compétences,tue  le progrès qui  provient de l'intelligence mobilisée des équipes.

Ce n'est pas propre à PSA, mais c'est une des caractéristiques du mal français qui ronge nos grandes entreprises en concurrence avec la cogestion allemande, ou le consensus japonais.

Les mêmes qui invoquent l'industrie de " l'intelligence" ou stigmatisent la "rigidité du travail"  refusent  la première et confortent la seconde dans leurs bureaux et leurs usines!

 

Première leçon du drame: il n ' y a pas d'issue dans un monde concurrentiel intelligent tel qu'il  est sans faire appel dans l'entreprise à la créativité et au bon sens  de tous, et cela ne peut se faire sans la participation des salariés.

 

Des raisons externes ensuite avec la monnaie surévaluée.

Chacun sait que Citroen DS5, C5  ou encore Peugeot 508, n'ont pas l'image d'une  Audi  de même catégorie A4 ou A5 , qu'une 308 Peugeot ou une C4 ne sont pas à l'égal d'une Golf, ce qui signifie qu'avec des coûts de production similaires les prix de vente ne peuvent être les mêmes. Pour  maintenir les volumes PSA s'est engagé dans une guerre des prix au détriment de ses marges, ce que Volkswagen n 'est pas contraint de faire, mais cela ne peut durer longtemps.

Si ce problème était limité à PSA, la solution serait à trouver en interne...s'agissant d'un problème de compétitivité qui touche toute l'industrie française, il faut se résoudre à accepter qu'il traduit une perte de compétitivité due à la monnaie surévaluée qu'est l'euro pour la France.

Dès lors il ne reste plus qu'à produire ailleurs, comme le fait Renault avec Dacia et Nissan !

 

Deuxième leçon donc: l'automobile française ne supporte pas mieux l'euro  que les autres industries qui, depuis 10 ans, ont éffacé 1000 000 d'emplois ou demain Airbus contraint de s'installer aux USA.

 

Des raisons européennes  aussi, car en 2006 PSA a ouvert une usine capable de produire 200 000 voitures par an à Trnava en Slovaquie, attirée par des salaires de 500€ par mois, un impôt société à 19% contre 33% en France et....une subvention de l'Etat slovaque , financée par l'Europe (c 'est à dire en partie par la France!) de 360 millions €.

La Slovaquie , petit membre de l'Union Economique sans marché intérieur, a pu se permettre d'attirer l'industrie automobile française et coréenne avec Hyundai grâce à la possibilité d'exporter sans taxes vers la France nos propres voitures et d'autres, tout en pratiquant le dumping fiscal, et en bénéficiant de subventions  européennes auxquelles nous contribuons.


Troisème leçon: l'Europe libérale à laquelle tous nos gouvernements ont adhéré a encouragé la délocalisation de PSA et de bien d'autres!

 

Alors, que dire sinon que ce gâchis est  le symbole médiatisé aujourd hui d'une déliquescence qui affecte toute notre industrie depuis longtemps, trop longtemps

 

Il n'y aura pas de rennaissance sans retour de l'Etat face à l'Europe libérale, sans dévaluation de la monnaie   et réduction des charges, et sans association du capital et du travail dans l'entreprise.

 

Le premier parce que seul il peut dessiner un cadre de développement protecteur pour nos compétences, la seconde car seule elle peut remettre à niveau notre industrie qui  n'est ni celle de l'Allemagne ni celle de la Chine, mais l'un et l'autre ne sauraient suffire contrairement ce que soutiennent les théories  protectionnistes si nous ne savons pas mobiliser  les intelligences et  les énergies en associant chacun et chacune dans les projets et le quotidien des entreprises .

 

Nous revoici en vérité à la conception gaulliste de la société et de l'Etat qui est un tout indissociable et plus actuel que jamais.

 

Alors gardons nous des gesticulations politiciennes sur "un plan pour  l'automobile" ou des études de tous bords, tandis que  dans le même temps on s'accroche à l'euro, on décourage la participation en la taxant comme jamais, on dépense plus, et on conforte un dialogue social sans grand effet avec des syndicats si peu présents dans l'entreprise.

 

Cette agitation est tardive pour une industrie qui a fondu de moitié en 10 ans, et malheureusement hors sujet.


 

 

Roger Franchino


 

 

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 21:23

La gauche a conquis dimanche le dernier des bastions de l’Etat qui lui échappait encore. Désormais les socialistes détiennent sans partage tous les pouvoirs de la République, ce qui leur offre une chance historique en même temps qu’une responsabilité immense.

Le sursaut de la France dépend d’eux, la survie de l’Europe aussi.


La zone euro continue de s’enfoncer et le résultat par défaut des élections grecques n’y changera rien, puisque déjà la gangrène s’étend en Espagne, et de proche en proche gagne l’Italie.

Les enjeux financiers  sont gigantesques : 320 milliards € pour la Grèce, 600 milliards € ou plus pour l’Espagne…combien pour l’Italie ? combien un jour pour la France ?


Hollande a compris que la politique qui consiste à saigner à blanc les malades était criminelle , et prenant le contrepied de son prédécesseur à la botte, s’est résolu à affronter l’Allemagne, prenant acte enfin que cette Europe allemande ne peut être la nôtre.

Une partie de la presse applaudit toute étonnée, elle qui faisait la sourde oreille voici peu encore à ceux rares qui, comme France Rebelle, s’insurgeaient de nos renoncements face aux prétentions allemandes au nom d’une amitié à sens unique.

Depuis longtemps nous disons que l’euro n’est pas la monnaie commune mais la monnaie de l’Allemagne imposée à l’Europe, mosaïque de pays  différents  aux structures économiques variées, grâce à la faiblesse de Mitterand et à la trahison des partis socialistes, écologiques, de l’UMP et des centres.

L’euro a été maintenu surévalué par la BCE, clone de la Bundesbank  qui a œuvré pendant 50 ans pour la réévaluation du Deustschemark, ce dont l’industrie allemande s’accommode fort bien, mais pas la nôtre, ni celle de l’Italie, ni celle de l’Espagne, ou  du Portugal.

De 1995 à 2011 l’industrie allemande  cru de 40%, celle de la France de 0% !

Ayant imposé sa monnaie à des pays trop faibles pour la supporter, l’Allemagne a éliminé peu à peu toute concurrence réelle en provenance d’Europe, et empêché ses partenaires de résister aux assauts de la Chine, et des tous les émergents qui produisent en zone dollar.

Affaiblis, nos pays ont financé le maintien de leur niveau de vie par l’endettement des particuliers ou des Etats, lesquels ont laissé la bride sur le cou aux banques au nom d’un libéralisme corrompu puisqu’elles ne peuvent faillir quelles que soient leurs turpitudes.

Bien au contraire la BCE qui ne peut financer directement les dettes souveraines inonde de liquidités les banques pour qu’elles financent les Etats en prenant des marges effrontées de 5% en Italie ou Espagne, de 18% en Grèce !

Et cette Europe allemande, au nom de l’idéologie libérale qui sert les industries d’Outre Rhin, a dérégulé  à tour de bras tout ce qui pouvait l’être, favorisant  les marchés financiers  ou ouvrant nos frontières aux produits bas coûts importés d’Asie.


Je rentre de Chine après un périple professionnel de 15 jours…les usines y tournent à plein avec « seulement » 10% de croissance des exportations contre 22% l’an dernier et 31% l’année d’avant !...mais les automobiles non fabriquées en Chine sont taxées à 30%  ce qui ne laisse de place qu’aux  marques « premium » qui sont relativement inélastiques aux prix telles Mercedes, BMW ou Audi….  les parfums, la maroquinerie de luxe française taxés à 30% sont vendus plus chers à Shanghai qu’à Paris.. pendant ce temps le port Shanghai voit un ballet ininterrompu de porte containers à destination de l’Europe, gorgés de produits qui ne seront pas taxés chez nous !!

Pendant ce temps le salaire mensuel moyen des Chinois est de 200 € par mois, la sécurité sociale est plafonnée aux points acquis par chacun, les jeunes doivent encore assurer la retraite de leurs anciens, les familles sont entassées dans des micro surfaces de 24 m2, le congé maternité est de trois mois, etc…

Quelle est cette Europe passoire qui a trahi le rêve de ses pères fondateurs  d’un espace européen de prospérité, de solidarité, de croissance ?


Hollande semble avoir compris, mais ne semble pas prêt à aller au bout du chemin, se contentant d’euro obligations pour financer des travaux d’infrastructures ou d’avenir.

Ces investissements sont évidemment une mauvaise réponse au vrai problème : la croissance en Europe , hors Allemagne, est morte de la monnaie.

Hors remise en question de l’euro, monnaie allemande devenue unique, hors alignement de la BCE sur la Réserve Fédérale américaine,  la Banque du Japon, ou la Banque de Chine, il n’y a que le krach à attendre ou l’assujettissement politique que l’Allemagne tente d’imposer sous couvert d’un fédéralisme qui ferait de l’Europe une sorte d’empire Austro Hongrois, dinosaure de l'Histoire.


C’est donc à face à l’Allemagne  que se joue l’Europe, et c’est du nécessaire bras de fer longtemps éludé avec elle que dépend l’avenir de la France.

Outre la réduction des dépenses publiques ,c’est de l’engagement  dans cette  bataille que se joue principalement l’avenir de la coalition socialiste.

 

Roger Franchino

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 22:18

On a eu le 16 Mai un tête à tête Merkel – Hollande, puis un G8 avec des contacts Hollande – Merkel, puis un conseil européen le 23 Mai avec du Merkel  du Hollande, un peu de Monti, un zeste de Junker, et une foire des belles intentions sur la croissance qu’il faudrait, qu’on pourrait, qu’on devrait…et les Grecs qu’on ne saurait jeter avec l’eau de l’euro avant de les  noyer en son nom.

Nous avons été patients ici, plus que d’autres, mais vu d’où nous partions avec l’ex Président à la botte de Merkel, nous pensions qu’il fallait sur le sujet de l’Europe donner un peu de temps à « Moi, Président.. »…


Que voyons nous ?


Hollande, conformément à ses engagements et surtout au bon sens a compris que sans croissance les carottes sont cuites et surtout que ce qui bloque c’est la position de l’Allemagne, ce qui est tout de même nouveau pour le parti du renoncement moteur de toutes nos reculades depuis 30 ans.

 

Qu’est ce qui bloque alors la croissance dans la position de l’Allemagne ?


Hé bien son refus de financer de grands travaux par des dettes communes à toute l’Europe appelées eurobonds !!..Ainsi nous n’aurions pas de croissance parce que nous ne pouvons pas financer à crédit au niveau européen ce qui nous est interdit au niveau national. Il faudrait, en somme, que l’Europe emprunte pour financer les Grecs, les Portugais, les Espagnols, lesquels retrouveraient par miracle une compétitivité qui leur permettrait de rembourser…Bref nous garantissons les emprunts et eux relancent ce qui ne peut plus l’être puisque leur compétitivité  n’est plus…L’ardoise serait donc au final pour l’Allemagne, ses satellites et même nous peut être… On peut comprendre les réticences de nos voisins d’Outre Rhin !

C’est là que l’on regarde « Moi, Président.. » en se pinçant…

Dans le même temps, son Moscovici de ministre de l’Economie et des Finances insiste sur l’intangibilité de l’euro et de la réduction des déficits, tandis que son Montebourg de ministre du « Redressement Productif » produit des déclarations   modestes de redressement constatant la surévaluation dudit euro, tandis que son Peillon de ministre de l’Education Nationale ouvre grand les recrutements à ses copains enseignants qui votent si bien.

Bref on a une politique de schizophrènes, et un nouveau Président qui tourne autour du pot.

La croissance n’est pas un problème de grand travaux, mais un problème de compétitivité de toute l’Europe du Sud, dont la France.

Ce problème vient d’abord d’une monnaie surévaluée pour ceux-ci par rapport à l’Allemagne, et pour l’ensemble de la zone euro par rapport au Dollar et au Yuan.

C’est tellement vrai que la Deutsche Bank elle-même, pour gérer la question grecque, a proposé la création d’un euro G pour ce pays, dévalué de 50% par rapport à l’euro , mais restant accroché à la monnaie européenne avec la possibilité de s’y réinsérer une fois les équilibres retrouvés.

Quelle meilleure illustration de la nécessité de redonner de l’air à des économies si différentes  avec des monnaies nationales qui fluctuent par rapport à une monnaie non plus unique mais commune ?


Alors «  Moi, Président.. »  tourne autour du pot avec l’Allemagne au lieu de mettre sur la table la seule vraie question qui est celle de l’euro devenu mark, et de la BCE devenue Banque Centrale Allemande.

Et avec ses eurobonds qu’il agite comme un moindre mal aux yeux des Allemands, il se trompe et  nous enfume ….jusqu’aux législatives.

Faux départ Mr Le Président…vos contradictions vous rattraperont sans tarder, vous, vos ministres…..  et les cocus du 7 Mai !

 

Roger Franchino

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 21:44

 

Tandis que le nouveau Président en France met en place son équipe, la partie en Europe se joue ailleurs.

La Grèce, comme prévu, va retourner aux urnes,  en apparence pour désigner une nouvelle assemblée, en réalité pour se choisir un destin dans ou hors de la zone euro.


D’un côté rester dans la zone de l'euro surévalué, c’est-à-dire supporter pendant une décennie au moins l’appauvrissement, et plus grave encore la saignée du pays fui par sa jeunesse et ses élites : au bout, l’agonie lente et douloureuse  de la mère de toutes les démocraties occidentales.

De l’autre sortir avec une forte dévaluation de la monnaie qui n’abrogera pas la rigueur mais qui permettra de relancer ce qui peut l’être, et qui ne pourra réussir que si le remboursement des dettes est rééchelonné , si l’Etat est reformé, et si la BCE accompagne le mouvement, d’une part en  garantissant via la Banque Centrale Grecque la liquidité du système bancaire local, d’autre part un niveau de parité raisonnable drachme/euro.


En Europe soit, renonçant au dogme de l’euro « über alles », les instances de Bruxelles, de la BCE, et les gouvernements adoptent une approche coopérative et se résolvent à préparer avec la  Grèce une sortie coordonnée de la monnaie unique. C’est ce que recommande enfin Christine Lagarde pour le FMI.

Soit , cédant au jusqu’auboutisme des intégristes de l’euromark, l’Europe pratique la politique du pire et ouvre la boite de pandore d’une crise monétaire et financière que personne ne pourrait plus maitriser.

C’est malheureusement cette menace que nos dirigeants semblent agiter au travers de déclarations qui n’ont d’autre but que de terroriser le Grecs, de leur imposer le choix des partis renégats qui les ont conduit là où ils sont, et de leur faire accepter l’inacceptable c’est à dire le désespoir et le suicide du pays .

Nous avons déjà entendu Hollande et Merkel répéter que les Grecs doivent se soumettre au mémorandum qui les saigne à blanc, en contrepartie de quoi on pourrait leur jeter en pâture quelques aumônes de relance.

Nous entendons les brillants économistes du système expliquer que faute d’industrie, la Grèce ne profitera pas d’une dévaluation, occultant qu’une de ses principales « industries », celle du tourisme se meurt depuis la dévaluation sauvage de la livre turque il y a une dizaine d’années.

Nous avons entendu Mario Draghi pour la BCE, déclarer qu’il ne soutiendra pas les banques grecques en difficulté, laissant le Grecs craindre pour leur épargne.

Et nous entendons  enfin se propager des rumeurs sur leurs retraits de liquidités des banques, ce qui n’a  d’autre objet que de déclencher une panique  pour assurer un vote de peur en faveur des pro européens.


Bref, on veut que les Grecs votent  « bien » le 17 Juin, comme Néron voulait que les gladiateurs se battent bien avant de mourir applaudis.

« Europa, morituri te salutant ! »devraient s’écrier le Grecs en se jetant sous les griffes des lions de l’austérité , pour la plus grande satisfaction des eurolâtres !


Qui ne voit qu’au travers des déclarations et manœuvres des instances européennes, c’est la négation des démocraties et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes qui se manifeste de plus en plus brutalement ?

Qui ne voit que cette tentation fasciste, déjà dénoncée ici à l’occasion du traité sur la Constitution destiné à contourner le Non des Français et des Hollandais puis à l’occasion du pacte de stabilité et de la « règle d’or »,  se fait sans cesse plus violente ?

Qui ne devine déjà que demain, c’est cette même tentation qui prendra le visage du fédéralisme que nous verrons bientôt ressurgir à la Commission de Bruxelles, à la BCE, ou dans l’Eurogroupe ?


Cette Europe  ne s’emploie pas au redressement des Grecs mais à leur asservissement.

Cette Europe qui a recours au chantage , à la manipulation et à l’intimidation des peuples, qui tente de  terroriser, se déforme  et se caricature à l'image de ce régime  despotique  mis en scène dans « Z »  par  Costa Gavras  du temps de la Grèce des colonels.

C’est à l'opposition  à cette dérive que nous apprécierons si « Moi, Président.. »  est le changement , au delà de conférences de presse BCBG ou d'un  cocasse ministère du  « redressement productif »,  car la France est menacée dans son essence tout comme la Grèce, tout comme  la plupart des  autres nations d'Europe.

 

Les Grecs n 'ont pas d'issue possible dans l'euro mais ils leur reste un espoir en dehors!

Dans tous les cas des épreuves bien sur, mais dans la sortie de l'euro une petite lueur telle celle d' une bougie dans la tempête.

Il leur faut du courage, mais aussi la solidarité d'une Europe démocratique, d'une autre Europe qui respecte les peuples pour sa propre survie.

 

Le Parlement grec a besoin le 17 juin de 300 Spartiates et d'un Léonidas, pas d'un commis de Golden Sachs et de bavards tremblants et corrompus!

 

 

Roger Franchino

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 15:32

Le 7 Mai, comme prévu, les Français se sont réveillés pour les uns encore dans l’euphorie de la prise de la Bastille, pour les autres dans le vague  à l’âme d’une Concorde restée déserte.

Les uns et les autres, distraits des mois durant par les hochets des deux candidats « utiles », ont été  brutalement ramenés à la réalité par les Grecs qui, tandis que la France bataillait sur le viande hallal et sur le permis de conduire, se débattaient pour sauver leur peau et finissaient par renvoyer leur UMP et PS locaux , dangereusement "inutiles", aux vestiaires.


Dès le 8 novembre 2011 nous prophétisions ici, dans «  Le nouveau  gouvernement grec siègera à Berlin et Francfort » :

« Dans leur désespoir ( les Grecs), soit ils renonceront à leur souveraineté en reconduisant l’un des deux partis d’union nationale qui les ont conduits au désastre, soit ils risqueront leur démocratie en s’en remettant aux extrêmes qu’ils soient de gauche ou d’extrême droite.

Ainsi en va-t-il toujours de l’indépendance et de la démocratie : l’une ne va pas sans l’autre »

Ils ont donc donné leurs voix au parti d’extrême gauche, numéro deux dans le pays, et à l’extrême droite faisant entrer la salut nazi au Parlement , les deux rejetant les excès de l’austérité européenne, et la domination allemande.


La Grèce étranglée se débat dans d’ultimes sursauts, et sauf à la perfuser à perpétuité ce que personne ne conçoit, il ne lui restera bientôt qu’ à tenter une réanimation en sortant de l’euro et en dévaluant sa drachme restaurée.

Quelle aide peut-on encore apporter à un pays qui en ajoutant prêts, effacement de dettes, aides diverses, a déjà reçu 380 milliards € soit 177% de son  PIB, a vu ce dernier reculer de 12% en 2 ans, le chômage grimper à 21% de la population, tandis que le déficit budgétaire grimpait de 68% au premier trimestre uniquement à cause des taux d’intérêts usuraires versés aux marchés financiers ?

Aucune de réaliste en vérité!

Sinon de relâcher la contrainte monétaire pour relancer l’ économie,  et de financer le remboursement de la dette à taux zéro.Car la chute de la Grèce, hier encore  réputée impossible par les euro babas est là !


La  solution intelligente serait que l’Europe, pour la Grèce, mais aussi pour toute la zone euro, adopte enfin une politique de change  agressive face aux grandes monnaies de ce monde pour rétablir l'équilbre des échanges, et que la BCE monétise la dette, ce qui n’exclut pas les efforts de rationalisation des dépenses publiques.

Pour cela il faudrait évidement convaincre l’Allemagne arque boutée  sur des dogmes qui font reconnaitre enfin aux Echos du 10 Mai, citant Morgan Stanley, ce que nous disons ici depuis 4ans , à savoir :

La corrélation du change euro –dollar avec la Bourse allemande est « une des manifestations supplémentaires de la germanisation de la monnaie unique qui se rapproche du mark »

L’euro n’est pas la monnaie commune de l’Europe soutenons nous ici depuis toujours, mais la monnaie de l’Allemagne imposée à l’Europe parce que des gouvernants de rencontre en France y ont consenti. 


L’autre solution, la sortie solitaire de la Grèce de la zone euro est enfin envisagée ouvertement par ceux-là même qui nous assuraient avec condescendance, hier encore, que ce n était pas pensable !

Encore faudrait-il que cela se fasse dans l’ordre, plutôt qu’à chaud à l’issue d’un nouveau vote probable des Grecs en juin.


Et c’est bien là que nous verrons de quoi «  Moi , Président.. » est capable !...dès le 16 Mai  chez Mme Merkel !


En attendant il serait avisé de se souvenir que le déficit extérieur de la France sur le premier trimestre  atteint 17,44 milliards €, l’excédent de l’Allemagne 42,6 milliards €.

 En attendant, il serait bon qu'il ait à l'esprit que nos parts de marchés dans notre ex pré carré africain qui étaient de 16,2% en 2000, c’est-à-dire au moment du passage à l’euro, se sont effondrées de moitié à 8,9% au profit des Chinois  qui investissent à tour de bras dans ce continent en devenir ! Pendant qu'une part de son camp  s’interroge encore  sur une France Afrique qui a déjà cédé sa place à la Chine Afrique ! Voilà qui rassurera nos bonnes consciences internationalistes à défaut de créer des emplois et d’entretenir une solidarité centenaire !

 Ainsi vont les choses…

Puisse « Moi , Président… » voir que nous sommes nous aussi menacés d’être Grecs avant longtemps !

 

Roger Franchino

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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 20:39

Les Français ont donc éliminé le Président sortant sans montrer pour autant une adhésion  forte au nouveau.


Après le  6 Mai, inéluctablement arrivera le 7 mai et ses réalités.

France Rebelle a expliqué depuis 2008 pourquoi le choix  entre PS et UMP n’en était pas un, pourquoi l’un et l’autre, avec le Centre, représentaient ce parti du renoncement responsable du déclin depuis 30 ans.

Avant le premier tour, où les Français ont été matraqués de sondages destinés à imposer l’idée qu’il fallait voter  « utile » pour un des candidats du système UMP- PS-Centre, ceci après une débauche médiatique sur les primaires socialistes et la demi campagne du Président sortant, nous avons dit  qu’en choisissant entre Hollande et Sarkozy le 6 Mai ils se retrouveraient inévitablement  floués,  une fois  de plus, dès le lendemain.

Mais les choses sont ce qu’elles sont.

Le cours de l’Histoire  va reprendre, têtu et cruel, une fois les lampions de la fête à la rose éteints.

Après les épreuves qui attendent le pays et les Français, le redressement ne viendra que de la reconquête de notre souveraineté et de la réforme de l'Europe, de l'effort collectif partagé, de la responsabilité de tous dans l’entreprise et dans la cité.

Pour réussir cela, la France a besoin d'un grand dessein pour susciter l'ardeur des Français.


C’est  le choix d'une France Libre avec des Français Libres!

 

Roger Franchino

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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 18:45

 

Nous voici à l’avant-veille du scrutin qui doit départager deux mauvais choix pour la France.


Alors que faire ?

S’abstenir ou voter blanc comme je l’ai fait tant de fois ne pouvant me résoudre entre trahison par l’un et renoncement par l’autre… la tentation est grande de refuser encore un choix impossible, tant il est médiocre.

Mais cette fois ci,chacun sent bien que la crise de l’Europe,  de la Nation, de la société, nous a placés dans un état d’urgence où les faux pas à venir vont compter double, et peuvent nous engager  irrémédiablement dans l’aventure.

Jamais, depuis bien longtemps, nous n’avons été autant à la croisée des chemins.

Au premier tour, le choix du gaullisme avec Nicolas Dupont Aignan était une évidence et un espoir, mais il ne fut pas suivi par  ceux qui croyaient au vote  « utile », et ce faisant condamnaient le pays à poursuivre sur la voie de l’aliénation et du déclin.

Aujourd’hui , il n’est malheureusement d’autre choix que d’éliminer le plus risqué, le plus douteux, le plus dangereux finalement.


Sur l’Europe, dont on ne soulignera jamais assez qu’elle commande tout parce que les deux camps présents lui ont, l’un comme l’autre, abandonné notre souveraineté, favorisant outrageusement un libéralisme béat et les intérêts de l’Allemagne au détriment des nôtres, les différences entre les deux candidats ne sont que cosmétiques.

L’un comme  l’autre, en ne remettant pas en cause les traités signés depuis Maastricht, la surévaluation de l’euro, et le rôle de la BCE, nous condamnent à une Europe qui ne peut être la nôtre, qui ne peut être celle de l’union et de l’amitié franco-allemande voulue par De Gaulle et Adenauer.

Cette Europe, qui est celle de notre asservissement et de notre appauvrissement, sera aussi celle du regain des rancœurs du passé quand la crise mordra au sang les populations.

La Grèce, ce Dimanche, en sera le premier témoignage avec la montée inéluctable des extrêmes, la haine de cette Europe et aussi l’hostilité grandissante à la politique allemande.


Restent, les bricolages de politique intérieure puisque les marges nationales sont réduites dans ce cadre européen.

La question de la dette ne sera résolue par aucun des deux programmes tels qu'ils sont, car la croissance ne reviendra pas avant longtemps.

Dès lors, la différenciation ne peut  s’apprécier que sur le risque d’aggravation d’une situation déjà compromise que ferait courir l’un plus que l’autre.

La France est sur- administrée, dépensant 100 milliards€ de plus que l’Allemagne et l’Italie chaque année pour ses administrations, cumulant trop de strates, communes, départements, régions, et des effectifs publics pléthoriques.

Les statuts dérogatoires en matière de retraite dans le public ou dans les secteurs « protégés » sont d’un autre âge et les principes d’égalité et d’équité justement invoqués d’une manière générale par le candidat de gauche sont bafoués par son clientélisme.

On ne peut approuver que ces dépenses qui chargent l’ensemble des Français, qui grèvent la compétitivité de nos entreprises et finalement pénalisent l’emploi des plus exposés soient perpétuées voire accrues par de nouveaux recrutements qui sont à vie. On ne peut accepter une nouvelle croissance des prélèvements fiscaux quand, de toute évidence,  ils sont déjà excessifs et signent à terme la mort de l’Etat Providence.

L’Etat, qui doit assurer sa mission de service public, doit le faire en  « bon père de famille » selon l’expression juridique consacrée et avec justice , c’est-à-dire avec bon sens et le souci de l’intérêt général.

La réforme de l’Etat que cela impose prend du temps, de la patience, de la constance : c’est pourquoi  il n’est pas raisonnable d’interrompre ce qui a été entrepris.

De l’autre, le libéralisme outrancier et apatride, peu soucieux d’équité, soutenu par le candidat sortant reste heureusement contenu encore par une longue tradition colbertiste  et doit s’accommoder de  contre- pouvoirs dans notre pays qui heureusement freinent ses tentations .Le risque de dérapage bien que  réel est donc moindre.


Reste la grande question des valeurs de la société.

La place du débat sur l’immigration et le vote des étrangers, la sécurité, l’éducation, les mœurs montre combien notre pays doute.

D’un côté la tentation de fuite  en avant sans fin avec la permissivité et le laxisme hérités des utopies véhiculées par l'esprit de 1968.

Les enseignants pâtissent de « l’enfant roi », la sécurité du laxisme des parents et d’une justice hésitante ou submergée, l’enrichissement sans cause réelle des dirigeants gauche caviar comme droite cynique prospère du laisser-aller des mœurs,  l’intégration des jeunes et des étrangers souffre d’une société qui prône l’individualisme  à tous crins et d’une Nation qui n’a plus d’ambition commune à partager.

De l’autre , s’installe la crispation sur le rétablissement d’un ordre ancien qui n’a plus cours, corrompu par le règne de la cupidité  et par le renoncement de l'élite à l'exemplarité.

L’avenir est  à une adaptation aux réalités et au retour à une éthique qui ne peuvent se faire que par la responsabilisation de chacun : famille, enseignants, entrepreneurs, salariés.

Pour cela, il faut retrouver un désir d’appartenance à quelque chose de plus grand, un dessein qui transcende un peu les égoïsmes, qui permette de partager efforts et bénéfices, peines et fierté. Il n’y a pas que les coupes du Monde de football  ou de rugby pour susciter l 'élan des coeurs et des énergies !

Il faut donc que les Français se réapproprient la France, cette communauté d ' Histoire, de destin et de culture qui seule peut vraiment les rapprocher par-delà les clivages et les différences.

Il faut qu’ils s’approprient , notamment pour les plus jeunes qui y sont intellectuellement plus préparés, le partage de leur destin là où ils travaillent, et c’est tout le domaine de la Participation enterrée par la droite libérale et honnie par la gauche traditionnelle.

Nation, responsabilité, participation, sont aux antipodes de la morale soixante-huitarde  si bien portée par les courants  écolo-gauchistes de cette campagne, et restent malgré tout plus proches  de certaines chapelles de la droite officielle.


Enfin, doivent s'apprécier aussi les personnalités et l’entourage des candidats.

Le candidat sortant porte indiscutablement les stigmates des trahisons multiples des convictions affichées et vacillantes : abandons de souveraineté, ralliement à l’atlantisme, libéralisme anglo-saxon que ne peuvent travestir ses pèlerinages intéressés à Colombey.

On ne compte plus les promesses et les démonstrations de vendeur à l’arraché, les mensonges éffrontés, les montées de narcissisme extravagant.

Tout au plus  peut on lui reconnaitre un dynamisme sans borne  confinant cependant à l’agitation brouillonne.

De l’autre un bonhomme de candidat,  ambigu comme Mitterand mais peut être plus honnête, intelligent mais peut être fragile, sans expérience aussi..

Mais le rejet de la personne et du style finalement excentrique du premier  ne suffit-il pas à grandir, pour le moment, celle plus posée du second ?

Au-delà des entourages avec des passés lourds des deux côtés, reste cependant qu’Hollande Président, ce seraient toutes les clés de la France dans les mêmes mains, du Parlement aux Régions en passant par les très grandes villes de Paris, Lyon, Lille. C’est trop de pouvoirs qui seraient confiés à une faction qui ne mérite , au vu de son passé, pas plus la confiance que l’autre ; mieux vaudrait dans les circonstances présentes un partage des responsabilités.

C’est pourquoi, au terme de cette pesée de programmes qui nous fourvoient d’un côté comme de l’autre, celui de la gauche parait plus dangereux  pour la France, et même si la personne de François Hollande me parait largement plus sympathique que celle du sortant, je ne le choisirai pas.

Il ne reste en mai que ce vote d'élimination, fut ce à contre courant et la mort dans l’âme.

Mais ce sera l'unique et dernière fois pour  ce camp là, et par défaut.

En juin, reviendra le temps de l’espoir et du renouveau...ou, sans regret, de la plage!

 

Roger Franchino

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 23:43

Près de trois heures de débat entre les deux nominés du second tour….et qu’en retenir ?


Passons sur la forme, l’un jouant le « Retour de Tonton  », tout aussi fâché avec les chiffres, excellent dans l’incantation et l’ambiguïté que son désastreux modèle, pathétique dans l’indignation bon chic bon genre pour  les pauvres gens,  amnésique  tout autant que son challenger sur 30 années de glissade, nous assommant d’une narcissique profession de foi de « moi, président.. » après avoir montré quelques griffes fourbies par la longue attente d’un destin..

Passons sur la forme, l’autre  rejouant « Le Bon Choix pour la France » de  son malencontreux modèle Giscard, tout aussi bardé de chiffres incertains, excellent dans sa compétence auto décernée et le sophisme , véhément dans l’indignation de façade pour notre France menacée, amnésique tout autant que le prétendant sur 30 années de cafouillage, nous  amusant de mensonges prêtés  en connaisseur,  après avoir beaucoup agité de  lacets de foire sans parvenir  à serrer le lièvre…


Mais sur le fond, qu’avons-nous vu ?


Sur l’Europe en détresse, la crise de l’euro et  la dette qui commandent tout puisque qu’ils lui ont transféré notre souveraineté, les deux ont ferraillé sans rien avoir à dire puisque la croissance voulue par Hollande dépend de l’Allemagne qu’il ne pourra convaincre de renoncer à sa domination sans une épreuve de force qu’il refuse par avance, tandis que Sarkozy, qui a le caractère mais pas la volonté, lui a tout cédé de traité en traité et semble se satisfaire de sa « règle d’or ».

L’Europe n’étant donc pas appelée à changer , la France n’aura  que la marge de manœuvre consentie par Bruxelles , la BCE, et les marchés financiers .


Que proposent alors en France les deux finalistes ?

Hollande, nous ressert les vieilles lunes de la gauche, faites de dépenses publiques et de taxation supplémentaires.

Que l’administration de la France coûte chaque année 100 milliards € de plus que celle de l’Allemagne ou l’Italie ne le choque pas ! Non, il faut toujours plus de fonctionnaires puisqu’aussi bien ce sont ses électeurs, et notamment des enseignants ou se recrutent militants et élus.

Il y a 1 million d’enseignants pour 12 millions d’élèves, qui donnent 18H de cours par semaine, et puisqu’il en manquerait dans le primaire, on en recrutera 60000 de plus…on n’envisage pas bien sûr d’en muter du secondaire au primaire…la productivité ? quelle horreur !

L’Education nationale peine à enseigner la lecture et le calcul …ce n’est pas parce que les méthodes d’enseignement post 68 ont été désastreuses, ce n’est pas parce que l’autorité des enseignants a été battue en brèche par des lois laxistes, c ‘est à cause des effectifs insuffisants geint-il avec les siens !

De plus on reviendra pour certains à la retraite  à 60 ans, et bien sur les électeurs fonctionnaires continueront de partir bien avant tous les chers travailleurs du privé qui paieront donc pour ceux ci !...Cela s’appelle rassembler !

Venons à l’emploi…

Le miracle serait dans le contrat de génération….on exonérera de charge sociale  les entreprises qui garderont un senior et embaucheront un jeune… c’est beau et sent l’eau de rose !

Sauf qu’en entreprise le jeune qui n’a jamais travaillé et le senior qui est en fin de carrière ne sont pas sur les mêmes postes en général… sauf que l’entreprise, cela ne marche pas comme ça !

Hollande , c’est toujours la même vision malthusienne du travail : on répartit la pénurie, on bricole des usines à gaz pour créer des emplois subventionnés, et ça coûte !

Sarkozy  a compris qu’il fallait réduire les dépenses  et ce qu’il a fait sur le plan de la fonction publique est à mettre à son actif, même si c’est imparfait.

Là où le bât blesse c’est quand il compte redresser l’emploi en se contentant d’un peu de TVA sociale pour un gain de compétitivité  symbolique  et de beaucoup de flexibilité  du travail.

Il veut des pactes de compétitivité dans les entreprises, entre patrons et salariés, qui soient au dessus de la loi en terme de durée du travail et de rémunération, mais, comme il refuse l’entrée des salariés aux conseils d’administration, ces accords seront évidemment subis et forcément déséquilibrés.

Enfin, en  culpabilisant les chômeurs  qu’ils faudrait  contraindre  à travailler après formation, il enfourche le traditionnel cheval boiteux de la droite libérale pour laquelle le chômeur est fondamentalement un fainéant.

Nous avons  donc entendu le candidat des fonctionnaires contre celui  de la grande bourgeoisie  libérale !


Vinrent l’immigration où Hollande pleurnicha  sur le vote des étrangers  et feignit de s’étonner que l’islam ne s’assimile pas si aisément que l’internationalisme le voudrait, tout en maintenant finalement que la France devait continuer à absorber de nouveaux venus au rythme passé.

Sarkozy s’opposa avec raison  au vote des étrangers  sans échapper à la versatilité de ses convictions, fit mine de s’agiter face aux accords de Schengen dont il fut pourtant solidaire,  et s’engagea à réduire de moitié le nombre d’immigrants ce qu’il avait l’opportunité de faire au cours des dix dernières années…

L’internationalisme béat face à un résidu ténu de bon sens national!


Que reste t- il  donc de ce débat prétendu essentiel?

Rien, sinon l’affrontement de deux personnalités, de deux ambitions, au service de deux clientèles distinctes mais dans le cadre d’un système imposé de l’extérieur.


Alors que dire sinon que l’on voit bien déjà qui a perdu ?

Tous les Français, non fonctionnaires ou non grands bourgeois qui vont devoir payer pour les clientèles de l’un ou l’autre, en plus de payer leur soumission  à une Europe libérale .

Et la France …. C’était notre prophétie d’avant premier tour !

 

Roger Franchino

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  • Diplômé EM Lyon, MBA York, 30 ans de carrière internationale en Europe, Asie, Amériques, comme cadre dirigeant /directeur général  dans des multinationales ou des PMI .
Président Club de pensée France Rebelle.
Conseil National de Debout la  France
  • Diplômé EM Lyon, MBA York, 30 ans de carrière internationale en Europe, Asie, Amériques, comme cadre dirigeant /directeur général dans des multinationales ou des PMI . Président Club de pensée France Rebelle. Conseil National de Debout la France

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