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1 juin 2008 7 01 /06 /juin /2008 15:30

« Mitterand au poteau ! », « Waldeck à Moscou ! », « Conbandit à Pekin ! »….scandaient en ce 30 mai les millions de manifestants, qui répondaient à l’appel du général de Gaulle et à la tentative de prise de pouvoir du tout petit Mitterand pressé de régler ses comptes avec tellement plus grand.

 

Ce jour là, après des semaines de silence, la marée de la « majorité silencieuse », lasse des exactions et de la foire déjantée des gauchistes, de la paralysie organisée par des syndicats  profitant de l’aubaine du désordre , indignée de la tentative de récupération des vieux caciques de la IVème République en veine de revanche, emportait la « récrévolution » sous des milliers de drapeaux tricolores  supplantant enfin  banderoles rouges et noires.

 

J’étais de ces manifestants , aussi joyeux peut être que le peuple de France au moment de la Libération. Toutes les catégories sociales étaient là, classes moyennes, ouvriers ,artisans,  commerçants, paysans, étudiants, entonnant la Marseillaise, soulagés du retour du général De Gaulle à qui elles apportaient leur confiant soutien.

 

 Comme pour la Libération pourtant, il n’y avait guère eu de « résistants » de la première heure : au début des barricades, je me souviens que nous n’étions qu’une poignée d’étudiants à choisir d’emblée l’action contre les « enragés » de Mao en leur apportant une contradiction à laquelle ils n’opposaient souvent que la violence. La plupart de nos camarades , qui désapprouvaient tout autant que nous, restaient chez eux.

 

Pourtant dans la ferveur qui défilait en ce 30 Mai, il y avait aussi un peuple de droite, voire d’extrême droite, conservateur, apeuré, qui s’était fondu dans  le flot gaulliste et qui inspirera une part des députés UDR et RI élus en juin.

 

Quand le général , tirant les leçons des évènements, proposera de moderniser encore le pays avec plus de démocratie directe, un poids et une autonomie jamais vus offerts aux régions dans la France jacobine, une légitimité nouvelle du Sénat représentant désormais des partenaires sociaux , première étape avant d’accélérer l’association capital travail en entreprise, on sait que ce sont ceux là qui trahiront lors du référendum d’avril 69.

 

Cette frange bien pensante, conservatrice, privilégiée, emmenée par Giscard, avec la complicité de Pompidou, en  rejoignant les notables du Sénat , les revanchards de la SFIO, de Vichy, et le PC , permirent une petite victoire du « non » et le début peut être du déclin que nous vivons depuis 40 ans. 
 

En ce 30 Mai tout était possible encore, mais ainsi s'achevait un cycle de 10 ans de développement et de rayonnement .

 

Une croissance économique moyenne de 5% par an , un chômage de 2% ( 400000 chômeurs au plus haut !) malgré l’absorption d’un million de rapatriés d’Algérie, une inflation contenue sous les 3%.

 

 Un niveau de vie des Français qui avait explosé, un enseignement qui avait absorbé le baby boom,

la libération de la femme poursuivie avec l’accès à la « pilule » et un régime matrimonial lui reconnaissant une position plus équilibrée dans le couple.

 

Un rayonnement international certes porté par la stature du général, mais aussi par une balance des paiement positive, l’absence de dette, le statut de 3ème puissance nucléaire au Monde, une politique extérieure dynamique  et indépendante (  reconnaissance de la Chine communiste, soutien au Tiers monde, politique européenne respectant les nations, résistance aux deux impérialismes..)., des investissements dans les nouvelles technologies  ( nucléaire, aéronautique, spatial, informatique..)

 

Une ambiance générale plutot positive, loin de la morosité des 40 dernières années développée par des infos télévisées guère plus indépendantes que la défunte ORTF mais  qui , entre deux series B et de la publicité, nous rassasient  des moindres maux de la Terre sans en évoquer  les bonheurs.

Mai 2008 s'en va dans la grisaille...laissons Mai 68 à l' Histoire...un jour reviendra le soleil.


Katsumoto

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27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 21:04

Mme Royal qui sait  son Histoire a retenu que quasiment n’importe qui peut  être élu Président de la République pourvu qu’il appartienne au cénacle, qu’il se dote d’un packaging de  tête de gondole pour les médias, et qu’il persévère quels que soient les échecs.

 

Alors voici « la démocratie participative » sur les rails d’un  futur cosmétique,  qui pose à contrario l’angoissante  question de ce que serait  une démocratie non participative.

« Sous le petit pavé médiatique, le sable .. » !

 

Mr Delanoe , ex soixante-huitard plutot BCBG et catho dit il, aime à prendre quelques libertés avec les religions, la dernière étant avec le socialisme qui, sous son impulsion, deviendrait libéral.

S’il s’agit de liberté politique, qu’il en soit remercié, peu de monde ayant toutefois nourri d’inquiétude à ce sujet.

S’il s’agit de libéralisme économique, la surprise restera somme toute modeste car de Mr Kahn à Mr Fabius en passant par Mmes Royale ou  Guigou, nous avons   tant de mal  à  faire la distinction  avec  Mr Raffarin  ou Bayrou  en passant par Mmes Lagarde ou Dati, que seul  un coup de gueule de temps à autre de ce bon Mr Emmanuelli parvient encore à nous tirer de notre torpeur .

« Cours camarade, le vieux monde est derrière toi. » !

 

Souhaitons qu’en ce beau mois de mai 2012, le top des slogans de retour ne soit pas une fois encore… « Elections, piège à cons » !

 

Katsumoto

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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 21:30

Il est une réforme de l'Etat que nul n’évoque et qui commande à la fois l’aménagement du territoire et la réduction des dépenses publiques : celle de l’organisation administrative du pays.

 

On est étonné lorsque l’on parcourt, venant de France,  l ’Italie du Nord et du Centre, l’Allemagne, l’Espagne ou  la Suisse de voir de chaque côté des autoroutes , au travers de zones d’activités  denses et continues, un dynamisme que l’on peine à retrouver ici hors  l’Ile de France et  quelques métropoles.

 

Cette  puissance de la création et de l’innovation s’appuie sur l’organisation en lands, provinces comtés ou cantons , dotés de réels pouvoirs en Allemagne, en  Italie , Espagne, au Royaume Uni, et en Suisse.

 

Il est difficile de ne pas remarquer le lien entre la vitalité de certaines régions, et leur autonomie dans le cadre d’Etats de culture traditionnellement fédérale. Il est plus facile d’entreprendre et d’agir localement en rassemblant des intérêts proches et solidaires qu’en se tournant vers de lointains centres de décisions.

 

En France, chacun peut  imaginer que l’empilage de la commune, du département et de la région  non seulement s’avère coûteux , multipliant lourdeurs administratives,  personnels politiques,  budgets et impôts locaux, mais encore constitue un obstacle véritable au  dynamisme et au rayonnement de nos provinces.

 

Peu d’entreprises s’offrent aujourd’hui, outre un siège fourni ( l’Etat central), des directions régionales animant des filiales elles mêmes coiffant des agences…

 

Cette lourdeur locale combinée au centralisme parisien, illustration  de notre tradition jacobine, est certainement  une des causes de l’hypertrophie de l’Ile de France  et du  sous développement régional  autrefois qualifié de « désert français » dont pâtit, dans son ensemble, le pays.

 

Le bon sens serait probablement de supprimer un échelon  avec l’objectif de combiner proximité au citoyen et taille critique pour agir efficacement  et gagner en identité.

 

Ne pourrait on, dès lors, garder les communes dans le souci de proximité, et rassembler leurs solidarités géographiques, culturelles, leurs ressources et  leurs ambitions au sein des  régions afin de  disposer  des pouvoirs, et de la force de frappe suffisants  pour stimuler de manière autonome le  développement local ?

 

Nous ferions  l’économie du  coûteux  département né au temps où le parcours d’une journée de  cheval était l’étalon de mesure,  mais dont la taille est  aujourd’hui trop grande pour être proche du citoyen et trop faible peser face à Paris ou, plus difficile encore, face à Bruxelles.

Nous pourrions en conséquence  revoir l'objet des 3500 cantons qui élisent des conseils généraux devenant superflus.

 

Nos 22  régions deviendraient le juste échelon capable de représenter avec un poids et des moyens renforcés les intérêts locaux face au pouvoir central parisien voire bruxellois ,  et le juste interlocuteur ou animateur  des projets de développement  requérant une impulsion publique.

 

Le lien avec les communes et la légitimité  des conseils régionaux pourraient être confortés par une place plus importante accordée aux conseillers municipaux dans les listes de candidats conseillers régionaux qui  continueraient de s’appuyer sur les avis  des conseils représentatifs des partenaires économiques et sociaux.

 

Bien entendu il conviendrait de réviser  également le collège électoral des sénateurs qui deviendraient un peu plus la voix des communes et des régions à l’égal des représentant élus au Bundesrat en Allemagne.

 

Au total , tout en stimulant par un pouvoir régional plus concentré, donc plus fort, le développement des provinces, nous pourrions réduire les dépenses des collectivités locales qui sont parmi celles qui progressent le plus rapidement.

 

Katsumoto

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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 22:41

Le temps a fait justice , mais à quel prix, des utopies soixanthuitardes appliquées à l'enseignement.

Quel en est pourtant le bilan pour bon nombre de nos enfants, et notamment des plus défavorisés?

Des enfants sortant du primaire maitrisant mal la lecture ou l'écriture de leur langue maternelle, et à qui on prétend cependant inculquer d'autres langues indispensables à leur devenir.

Des gamins en difficulté avec les basiques en mathématiques, qu'il s'agisse d'opérations simples telles la règle de trois, les pourcentages, et que l'on voudrait initier aux ensembles.

Des enfants encore,  n'ayant pas appris la chronologie des évènements de l'Histoire, ne pouvant donc  en saisir les liens  et le sens, et dont pourtant on souhaiterait faire des citoyens responsables.

Car c'est bien après le happening de Mai 68, qu'ont été introduites les méthodes dites"nouvelles" telles la sinistre méthode globale qui a conduit à l'échec de l'apprentissage de la langue,  les mathématiques "modernes" à la déroute du calcul, sans parler de l'Histoire thématique par opposition à l'Histoire chronologique tant il est vrai que celle ci gênait nos idéologues barbus.

Les résultats , chacun a pu les observer chez ses propres enfants , tandis que des comparaisons de niveaux inter générations ou inter pays ont mis en évidence l'effroyable gachis.

Il a fallu pourtant près de 30 ans pour que nous nous décidions enfin à affronter le dogmatisme quasi stalinien qui s'est abattu sur l'enseignement .

Entre temps , les milieux les plus favorisés auront fait le bonheur de l'enseignement privé,dernier carré qui a pu résister à la déferlante post 68 des "méthodes nouvelles", tandis que les moins favorisés ont dû se soumettre sans pouvoir protéger leurs enfants des  ces "expériences " dévastatrices.

Il était donc temps d'en finir, et cela va être fait.
A chaque parent   d'en apprécier le bon sens, et de résister aux pressions de toutes natures dont il fera sans aucun doute l'objet de la part des derniers "barbus" et de leurs représentants!

Bravo  donc Mr Darcos!...

Tant pis donc,   Mr Lang !  La "chienlit" de l'Education nationale, ce fut aussi largement votre fait .

Souhaitons cependant que nous allions plus loin et ce n'est pas seulement affaire d'Etat mais aussi et surtout  de parents, c'est à dire de nous tous.

Nous ne mettrons pas fin aux violences et  à beaucoup d' échecs scolaires, nous n'aiderons pas les enseignants à faire  leur métier dignement et dans le respect qui leur est dû , si nous ne mettons pas fin , en tant que parents, à  certaines dérives héritées des slogans de mai 68.

"Il est interdit d'interdire" : slogan qui ouvrit la voie à un certain nombre de démissions au plan éducatif et  a conduit à "l'enfant roi", c'est à dire sans règles établies de conduite.
Les conséquences en sont multiples aujourd'hui encore dans les familles, à l'école, dans la société.
Pourtant, ne nous y trompons pas: nos enfants n'attendent pas de leurs parents autre chose que de les aimer en adultes et, ce faisant, de leur enseigner aussi les limites.

"Sous les pavés , la plage"...sous les pavés , il y eut  surtout le chômage, une fois l'euphorie des monomes  passée.
Il est temps d'enseigner, tous ensemble,que rien n'est vraiment possible sans le travail et l'effort.
Adoptons plutot, par amour de nos gamins, le slogan: "Sous le travail... la plage"!


"On ne tombe pas amoureux d'un taux de croissance"..Certes, mais nos jeunes gens de mai 2008 tentant d'entrer sur le marché du travail mesurent, eux, que l'amour seul ne suffit pas à leur bonheur , et que leurs anciens devaient être bien privilégiés de s'exprimer ainsi ....et ils n'ont pas tort:  les "manifs"  partirent de la Sorbonne, pas de Boulogne Billancourt!
Alors partageons avec eux notre volonté de restaurer une  croissance suffisante pour leur assurer un avenir qui soit mieux que l'école buissonnière d'un printemps,  éclairons les sur ce qu'en sont les conditions pour ce qui  dépend d'eux et pour ce qui est de la politique de la France.



Katsumoto





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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 21:43

Ainsi s'intitule un encart de la Lettre de L'Expansion du 28 Avril 2008 se faisant l'écho des experts de Natixis selon lesquels, je cite:

"  Tous les efforts pour augmenter le potentiel de croissance par des réformes seront vains si l'euro continue de s'apprécier.
Le problème est le suivant: l'appréciation de l'euro détruit la compétitivité de la zone euro.Or son origine n'est pas entièrement conjoncturelle. Elle est aussi structurelle: la zone euro n'ayant ni déficit, ni dette extérieure, il en résulte une situation chronique d'excès de demande d'euros par les non-résidents, ce qui fait monter son cours. Seule échappatoire pour la zone euro: l'émission de titres privés ou publics supplémentaires finançant des investissements utiles à la croissance dans les nouvelles technologies, par exemple, ou encore dans la recherche, les universités, etc."

La messe est  donc dite , une fois encore.
Les réformes que l'on nous présente comme la thérapie nécessaire à notre rétablissement, seront vaines et sans effets si nous continuons de vivre sous le joug de la zone euro.

Une compétitivité qui se meurt , des investissements publics bridés pour la recherche, les nouvelles technologies, la formation, bref tout ce qui commande l'avenir, voilà bien le prix de la politique monétaire et  de l'orthodoxie budgétaire de l'Europe.

Katsumoto






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26 avril 2008 6 26 /04 /avril /2008 14:39
Nous avons donc eu le grand oral de rattrapage du Président de la République après sa déconfiture dans l'opinion.

Au plan de la forme, l 'homme s'est enfin rapproché de ce qu'impose sa fonction.

Sur le plan économique et social , le cap est maintenu, et si les choses ne vont pas comme espérées, Mr Sarkozy nous a expliqué que la faute en revient au "quadruple choc" subi par la France: envolée du prix du pétrole, crise des "subprimes", appréciation de l'euro, flambée des matières premières.

Nul ne peut nier ces chocs: chacun peut en revanche se poser la question de savoir si le Président en  tire les bonnes conclusions quant à son action.

Faut il remarquer d'abord que nos quatre "chocs" ne sont pas totalement indépendants les uns des autres?

Le prix du pétrole a t 'il doublé depuis un an ( jusqu'à 119$ le baril cette semaine ) uniquement à cause de la forte croissance mondiale ? Evidemment non.

La baisse accélérée du dollar  destinée à soutenir la  croissance aux USA, est compensée en partie  par les pays producteurs qui ne veulent pas être payés en monnaie de singe , tandis que les milliards de dollars  en circulation  pour financer 50 ans de déficits  américains  cherchent des emplois rémunérateurs  en  spéculant sur la hausse des matières premières en général .

La crise dite des "subprimes" résulte d'une défiance généralisée des institutions financières entre elles. Mais,pour sauver le système bancaire US , de nouvelles et répétées baisses des taux d'intérêts américains ont semblé s'imposer,  entrainant immédiatement de nouveaux reculs du dollar...avec pour corollaire une accélération de la hausse des matières premières et les risques de famine que nous voyons .

Pendant ce temps la BCE " dont la mission principale consiste à maintenir la stabilité des prix au sein de la zone euro, et par conséquent à préserver le pouvoir d'achat de l'euro", n'a pas baissé  la garde, propulsant notre monnaie à 1,60$, et se moquant  comme d'une guigne de la récession à venir et  des délocalisations qu'elle encourage.

Bref tout ceci est lié , chacun le sait.

Mais si nous n'avons guère de prise sur ce qui est décidé à Washington, à tout le moins  pourrions nous espérer en avoir plus sur ce qui l'est à Francfort.

Mr Sarkozy, lui même, reconnait que l'euro surévalué a créé un"choc" tout comme il en a généré un  lorsque l'abandon du Franc s'est traduit par une perte de pouvoir d'achat que chacun a pu vérifier en faisant son marché.

Mais quelles conséquences en tire t il par rapport à la BCE et à l'Europe?  Aucune, semble t il.

S'il est une réforme essentielle , qui  commande la réussite du quinquennat et pourtant échappe à la frénésie présidentielle, c'est bien celle de l'orientation économique et monétaire de  l'UE, alors qu' une chance historique de modifier le cours des choses s'offre avec la prochaine présidence française.

Au contraire, non content d'avoir fait passer en catimini le Traité Européen,   Mr Sarkozy renforce notre allégeance au "système"  en écartant le risque  de consulter systématiquement les Français par référendum sur tout élargissement ( hors Turquie).

Tout ce qui sera dit ensuite, ne sera  au fond que  gestion comptable de nos dépenses , certes nécessaire mais insuffisante ,  dans le strict cadre de contraintes extérieures qui  ont été accéptées.

Nous passons par pertes et profits une politique monétaire imbécile et ce sont les Français qui continueront d'en pâtir. 

Dommage, Mr Sarkozy!

Bien sur l'Etat est hypertrophié, et on ne peut avoir une personne active sur 4 travaillant dans la fonction publique.

Certes, l'Education Nationale  n'est pas un modèle d'efficacité, et ce n'est pas la place des lycéens de défendre le corporatisme de quelques uns.

Mais pour l'essentiel, le discours est hors sujet.

Non,  les Français, actifs ou chômeurs, ne sont pas des fainéants!

Ce n'est pas la demande de travail qui manque, c'est l'offre des  entreprises qui est insuffisante.

Il n' y a de possibilité d'heures supplémentaires que s'il y a des commandes exceptionnelles à satisfaire!

Si le pouvoir d'achat stagne c'est parce qu'il n'y a pas  suffisamment de croissance , et parce que le partage de la valeur ajoutée n'a jamais été aussi défavorable aux salariés depuis le début des années 80 ( selon l'OFCE).

Quant aux 500 000 offres d'emploi qui seraient non satisfaites, il serait tout aussi intéréssant de savoir de quels jobs il s'agit...

Enfin, l'état économique du pays commande aussi sa politique sur la scène internationale, autre thème abordé par le Président.

Or nous voici plus engagés en Afghanistan au prétexte que les Talibans  interdisent l'école aux petites filles ou  lapident  les femmes adultères....

Fort bien . Quand envoyons nous des troupes également en Iran, en Arabie Saoudite,dans les Emirats etc...?

Faisons l'économie du ridicule, du fourvoiement dans des aventures qui ne portent que déshonneur,et optimisons l'utilisation de nos ressources au moment ou les dépenses de l'Etat sont reéxaminées.

La France est engagée aujourd'hui sur de multiples terrains  ( Liban, Kosovo, Afghanistan,  Tchad..) alors que ses moyens militaires sont comptés.

Ne sommes nous pas également sur le point de renoncer au second porte avions pourtant indispensable pour nous projeter sur des théatres d'opérations lointains, ou lorsque le Charles de Gaulle est en révision? 

Il est donc temps de fixer des priorités qui doivent naturellement être la protection de nos amitiés et de nos intérêts dans nos zones traditionnelles d'influence politique, économique, culturelle.
 
C'est à dire principalement en Afrique, dont beaucoup de pays en nous soutenant systématiquement à l'ONU donnent du poids à la France, et  dont les ressources naturelles immenses sont de plus en plus ouvertement convoitées, voire accaparées par la Chine et les USA.

Cette voie est évidemment  toute différente de celle qui nous ramènera  dans l'Otan  comme voulu par le Président, ou de la  "mort de la France Afrique" souhaitée  par un de ses ministres qui a perdu une belle occasion de se taire.

Au total , l'inspiration de ce grand oral semble être  l'instauration d'un libéralisme à la Tony Blair,  avec son alignement atlantiste,  mais sans son  pragmatisme européen.

Si tel est le cas, c'est une erreur  au regard de notre culture, de notre Histoire,  et  des conditions de notre  nécessaire renouveau.

Dommage, Mr Sarkozy!



Katsumoto






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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 23:36

Chaque jour apporte son lot de petites et grandes déconvenues pour notre pays, dans les domaines économique, social, politique, culturel.

 

Confusément les plus anciens sentent bien que depuis  30 ans notre pays a régressé relativement aux autres, tandis que l’optimisme des jeunes est entamé par d’incertaines perspectives  incitant les plus aventureux à regarder vers d’autres patries d’adoption .

 

Après avoir eu  la gauche la plus bête du monde, puis la pensée unique,  nous avons aujourd’hui la droite la plus dogmatique depuis la Seconde Guerre mondiale.

 

De fait nos politiques de tous bords, prompts à promettre, gesticulent depuis 30 ans sans autre effet notable que décevoir les espoirs suscités .

 

Le résultat est un pays englué dans une croissance anémique , péniblement  accrochée à 2% par an  depuis les années 70 .

 

N’ayant pas  profité de la chance historique  de l’explosion de la population active du baby boom pour encourager  la France à créer des richesses, nos gouvernements  comptent aujourd’hui sur celle du papy boom pour résorber le chômage conséquence de la faible croissance,  tout en prétextant  du vieillissement pour rogner retraites et dépenses de santé .

 

Si nous en sommes là aujourd’hui, quelles que soient les péripéties mondiales, la cause en est, comme toujours lorsque la France souffre,  le renoncement et le malthusianisme de ses élites cédant les pouvoirs qui commandent notre destin

 

Et tout en premier,  le renoncement à servir d’abord les intérêts de la France et des Français dans une Europe  caricaturale ,éloignée des rêves de ses instigateurs,  qui n’est plus que l’ombre portée  d’une pensée libérale née outre atlantique, dont les excès mènent au diktat des marchés financiers et aux « subprimes », aux délocalisations et à l’affaiblissement économique , à la soumission aux intérêts américains,  à l’augmentation  de la pauvreté dans notre « vieille Europe ».

 

Cette dérive qui multiplie désillusions et régressions porte les germes, n’en doutons pas,

 d’ explosions futures,  comme l’Europe en a déjà connues dans ses errements passés.

 

1) La politique monétaire européenne est un garrot dogmatique et imbécile…

 

La politique monétaire arrogante de la BCE est le contraire de tout ce qui se fait ailleurs pour assurer la croissance, maintenant des taux d’intérêts élevés quand nos principaux concurrents les baissent, encourageant  des taux de change exorbitants de l’euro face au  Dollar, au Yen et au Yuan.

 

Tandis que les USA, le Japon, la Chine  maintiennent un change bas pour stimuler leurs exportations et leur croissance, nous pénalisons les nôtres.

Plus grave , alors que l’essentiel du commerce mondial se fait en dollars, cette politique  mégalomaniaque de l’euro fort non seulement stimule les importations , mais encore  pousse les entreprises qui ont des usines en Europe à délocaliser dans les pays à monnaie faible ….et à réduire l’emploi dans la zone euro.

 

Il suffit d’observer l’évolution en cours ou à venir de groupes pourtant très européens comme Safran ou Eads , pour prendre la mesure des effets pervers durables d’une politique monétaire absurde.

 

La BCE fabrique des chômeurs !

 

Au sein même de l’Union Européenne , les pays qui se sont octroyés le droit de conserver leur monnaie ,élément essentiel de leur souveraineté, sont aussi ceux qui ont connu la plus forte croissance ces dernières années : Royaume Uni, Suède, Danemark pour prendre les principaux.

 

Faut il rappeler, que l’économie britannique distancée par celle de la France, et quasiment à parité avec celle de l’Italie à la fin des années 70, a refait son retard et repris la tête ?

 

Et ne citons pas en contre exemple l’Espagne qui a principalement vécu de subventions européennes et du dynamisme de son industrie du bâtiment stimulée par les achats des non résidents et par la spéculation locale qui s’effondre aujourd’hui.

 

La réalité est que la zone euro est une extension inavouée de l’ex zone mark qui convient fort bien à l’Allemagne dont la supériorité industrielle, et plus encore le positionnement traditionnellement haut de gamme du « made in Germany » sur les marchés mondiaux s’accommode depuis toujours d’une monnaie forte et d’une hausse des taux de change.

 

La sottise des gouvernements français successifs a d’abord été de feindre de croire que l’industrie française pouvait se comparer en puissance et en réputation, puis lors de la réunification allemande, de vouloir arrimer le franc au mark au prix de taux d’intérêts élevés, et enfin  d’adopter comme monnaie un « euro-mark » géré suivant le modèle dicté par la Bundesbank.

 

 

2) l’Europe libérale est une arnaque… 

 

 Les Français savent ils que les pays de la "vieille Europe"subventionnent les délocalisations de leurs propres usines vers les nouveaux entrants ?

 

213Milliards € de subventions d'ici à 2010 seront versés par la Vieille Europe  aux nouveaux entrants d’Europe Centrale, ce qui leur permet de développer un dumping fiscal ( impôt sur les sociétés et revenus au taux unique de 19% en Slovaquie, 24% en rep Tchèque etc...contre 33% en France pour les sociétés) comme si leurs faibles coûts de main d’œuvre ne suffisaient pas à attirer nos usines. !!…

 

La Slovaquie a ainsi hérité de la toute dernière usine de Peugeot Citroen en Europe…

 

La Commission de Bruxelles, si prompte à intervenir sur nos déficits ou l’uniformisation de la longueur des lacets a t elle enjoint à ces pays de cesser leur dumping, et de respecter une préférence communautaire ? Aucunement.

 

De la même manière , qu’il s’agisse de marchés agricoles ou de négociations tarifaires on sent nos commissaires européens bien plus habiles à ouvrir nos marchés sans contrepartie qu’à défendre nos intérêts

 

En somme cette Europe ne semble avoir qu’un objectif final : grossir, grossir, jusqu’à éclater telle la grenouille de Mr de Lafontaine  en une grande  zone de libre échange, dans laquelle  l’important est d’intégrer toujours plus de pays à bas coûts pour « mondialiser », c’est à dire satisfaire les investisseurs financiers.


 Mr Trichet en tête  ,ne cache pas que la monnaie étant le point de référence, toutes les autres variables doivent s'ajuster: coût du travail, flexibilité, protection sociale, budget, taux d'intérêt.

 

Ne nous y trompons pas , ce n’est pas un discours technique : c’est une politique .

 

L’idée de partage des fruits de la croissance,  de protection sociale issue de la Seconde Guerre mondiale doit disparaître au profit du capitalisme financier qui n'est même pas celui des entrepreneurs.

 Quant aux Etats Nations de l'Europe, ils  doivent disparaître tout court.

 

Il est fâcheux d’observer que  Mr Sarkozy s’inscrit chaque jour un peu plus dans cette logique . Mme Lagarde, zélote de la BCE, vient de précariser cyniquement les chômeurs de plus de 57 ans dont elle sait pertinemment qu’aucune entreprise française ne veut.


Pourtant, il n' y a pas pour l'essentiel de Français fainéants comme certains voudraient l'accréditer:  il n' y a  qu'une économie malade de  ses gouvernants impuissants !

3) L’Europe politique n’a pas et ne peut avoir de consistance…

 

Il n’est point d’exemple dans l’Histoire d’une grande puissance  qui  se soit construite sans l’oppression de tous par un seul peuple, si elle reposait sur des populations ,  des langues et des cultures diverses.

 

Ainsi en fut il de l’empire d’Alexandre, de l’empire  Romain, de celui des Francs,  de l’empire Austro Hongrois , de l’empire Ottoman, de l’Urss, et des empires coloniaux .

 

L’Europe est une mosaïque de peuples , de langues, de cultures et d’Histoires : nous n’ avons réellement en commun , et ce n’est déjà pas peu, qu’ une certaine idée de la démocratie ( récente quand même pour beaucoup) et  le christianisme ,tant que la Turquie restera en dehors.

 

Nul pays européen ne pouvant heureusement  s’imposer aux autres, l’Europe en tant qu’Etat , et à plus forte raison en tant que Nation, n’a aucun avenir unifié possible .

 

Même le souvenir de nos derniers conflits qui pouvait être moteur d’une volonté d’union envisageable peut être à 6 pays , totalement utopique à 27 , s’estompe au fur et à mesure que disparaissent les générations de la guerre.

 

Les divergences sont la règle, la convergence l’exception.

 

Cela se vérifie sur la plupart des questions de politique internationale qu’il s’agisse du rapport aux superpuissances, des conflits en Irak, en Afrique ou en Asie.

 

Quant au  militaire, le seul ciment véritable est l’Otan , et l’Otan ce n’est pas l’Europe, mais l’Amérique !

 

Que Mr Sarkozy se régale de sa  future présidence éphémère de l’UE, et nous réintègre sournoisement dans l’Otan : n’en  attendons rien d’autre que d’éventuels abandons supplémentaires.

 

4)  Cette Europe   n’est pas légitime ..

 

Elle n’est pas légitime car loin de favoriser  notre développement , elle nous contraint et  affaiblit notre économie, participe à la déstructuration  de notre société, dilue notre culture, dépouille le peuple de son pouvoir souverain au profit d’institutions sans réel contrôle démocratique .

 

Le traité européen, forfaiture commise par le pouvoir politique en soustrayant son approbation au vote par référendum, est un nouvel exemple de la dérive de cette Europe qui ne suscite pas l’adhésion des  peuples.

 

En l’état, la France peut être mise en minorité sur ses propres intérêts  au gré d’alliances de circonstance de pays secondaires qu’elle contribue par ailleurs à  subventionner.

 

En l’état, la France est telle une entreprise qui ne maîtriserait  ni sa stratégie, ni ses prix, ni ses choix d investissements, ni ses procédures de fonctionnement,  ni sa politique sociale.

 

Pour le principal , elle ne s’appartient plus : le pouvoir réel a déserté Paris pour Bruxelles et Francfort

 

Nos gouvernants, quelle que soit leur couleur politique, se sont enfermés eux mêmes dans des contraintes qui les dépassent en ne maîtrisant plus ni la monnaie ni le budget.

 

Leur promesses, leurs engagements, ne sont dès lors que pantalonnades….nous n’élisons plus désormais que de coûteuses marionnettes.

 

5) Le sursaut de la France passe par la réforme de l’Europe ou par  notre liberté retrouvée…

 

Les choses étant  ce qu’elles sont, il ne nous reste en réalité que le choix d obtenir de l’intérieur, avec l’appui éventuel de quelques autres, un changement radical mais peu probable de l’orientation de l’Europe, ou de reprendre enfin  notre liberté sur le modèle britannique « d’Europe à la carte » .

 

Libérée des contraintes de  « l’ euromark », de Maastricht, et d’un libéralisme doctrinaire , détachée de l’utopie d’une Europe Nation, la France peut choisir la voie d’une coopération non contraignante avec ses partenaires, se doter d’ une ambition  conforme à son  Histoire et à ses valeurs, redonner l’espoir aux Français pour mobiliser leurs ardeurs et  renouer avec une croissance suffisante, condition  indispensable du rétablissement durable des grands équilibres , dont celui de l'endettement.
 

 

A tous ceux que ces propos étonneront, je dirai qu’il n’est pas vain de risquer d' avoir raison trop tôt quand le pire est d’avoir tort trop tard.

 

Quant à ceux qui pourraient les  approuver, je ne peux que les encourager à les partager avec leurs proches, leurs relations : ainsi, peut être, pourrons nous contribuer  à susciter les remises en cause ,et à  faire remettre en selle ce cher vieux  pays.

A tous, je dirai que le temps presse pour nos enfants, pour ce que notre génération leur laissera , et pour ce que l'Histoire retiendra de nous...


Katsumoto
 

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Published by katsumoto - dans politique
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  • Roger Franchino
  • Diplômé EM Lyon, MBA York, 30 ans de carrière internationale en Europe, Asie, Amériques, comme cadre dirigeant /directeur général  dans des multinationales ou des PMI .
Président Club de pensée France Rebelle.
Conseil National de Debout la  France
  • Diplômé EM Lyon, MBA York, 30 ans de carrière internationale en Europe, Asie, Amériques, comme cadre dirigeant /directeur général dans des multinationales ou des PMI . Président Club de pensée France Rebelle. Conseil National de Debout la France

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