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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 23:57

Le 24 avril 2010, nous décrivions ici, le scénario qui se déroule sous nos yeux : pas en raison d’un quelconque génie, mais simplement parce que c’était l’évidence que nos politiciens tentent de cacher par idéologie ou par renoncement.

Les « plans de restructuration » succèdent aux « plans d’austérité », sans effets : tout au contraire la Grèce s’enfonce dans le marasme chaque jour plus, rendant toujours plus certaine l’insolvabilité, comme il en sera du Portugal, puis de l’Espagne.

De leur côté, les agences de notation, si bienveillantes il y a peu sur les subprime et si peu clairvoyantes pour les crises financières passées de l’Argentine à  l’Asie du Sud Est, jouent au chat et à la souris avec des dirigeants européens déboussolés et lamentables, incapables de défendre les Etats dont ils ont mandat face aux intérêts privés qui les assaillent. Après l’Irlande et la Grèce,  le Portugal et l’Espagne hier, ce sont maintenant l’Italie et demain la France ( n’en doutons pas !) qui font et feront l’objet d’un jeu de massacre qui profite à quelques spéculateurs orchestrateurs : une seule cible, les Etats , car les « marchés » ne supportent pas l’Etat qui régule, qui empêche d’optimiser les profits des fonds  de pension en prélevant sa part au bénéfice de la collectivité.

C’est la guerre entre des « marchés » qui prétendent imposer leur loi du profit maximum, et des nations qui veulent encore défendre  peuples et  cultures.

La vérité, c’est qu’il s’agit d’une guerre totale que l’on nous cache parce que  nos élites au pouvoir ne veulent ou ne peuvent  la mener.


Qu’en est-il ?

 

1) cette crise de la dette est d'abord celle de l'euro


Nous avons déjà largement démontré ici que l’euro , monnaie unique, est en réalité le deutschemark rebaptisé, imposé à l’Europe par une Allemagne toute puissante, accepté par une France naïve et  des élites capitulardes.

La monnaie allemande est adaptée à l’industrie allemande, pas à celle des pays du Sud,  pas plus à celle de la Grèce  qu’à celle de la France.

Concernant notre pays, nous venons d’enregistrer justement un déficit des échanges extérieurs record de 7,4 milliards € en Juin, et nous nous dirigeons vers un trou abyssal de 70 milliards € en 2011 (contre 51 milliards € en 2010) dont personne ne parle car cela pose de toute évidence la question de la compétitivité  c’est-à-dire du change de la monnaie.

Si la flambée du coût  de l’énergie explique en partie l’accroissement des importations, il ne peut cacher  le déficit de nos industries manufacturières ( qui mesure notre santé industrielle sur les marchés internationaux) qui  atteint 16 milliards €  en 6 mois seulement, ni que nos exportations n’ont cru que de 0,9%.

Le tissu de nos sociétés exportatrices a rétréci comme peau de chagrin depuis 10 ans, c’est-à-dire depuis l’avènement de l’euro  surévalué et l’apparition des délocalisations qui en ont découlé : en outre 90 000 entreprises seulement exportent en France  contre 270 000 en Allemagne.

Avec un tel déficit de nos échanges et une telle faiblesse structurelle de nos entreprises à l’extérieur, si nous n’étions pas dans la zone euro, nous aurions déjà dévalué.

Nous n’avons pas la monnaie de notre économie : tirons en les conséquences !

Que les pères la vertu  et les euro babas  ravalent leurs sornettes sur la désinflation compétitive et autres lubies et regardent ce que font les USA avec le dollar, la Chine avec le yuan, le Japon avec le Yen, la Suède avec la couronne !

A persister dans l’illusion dogmatique d’une monnaie qui s’imposerait à l’économie et dans l’alignement sur l’Allemagne, nous avons bridé notre croissance avec pour conséquence notable que l’Etat ne peut plus financer ses engagements autrement que par l’endettement ou la réduction drastique des dépenses collectives.

Les marchés qui en sont conscients exploitent cette impasse à leur profit  encourageant  le découpage à la tronçonneuse des dépenses collectives et le moins d’Etat quitte à provoquer une régression sans précédent en temps de paix  du niveau de vie des populations d'Europe.

 

2)     2) Les agences de notation… « combien de divisions » ?

 Chaque jour les agences de notation, entités privées, font et défont le « cote » de tel ou tel pays de la zone euro, semblant prendre malin plaisir à remettre en cause, séance tenante, toute décision de soutien  par les gouvernements européens.

Qui ne voit que cet acharnement n’a pour but que de déstabiliser cette zone euro,  non pour la détruire car l’euro sert les intérêts des multinationales, mais pour offrir un terrain propice à la spéculation des copains des banques anglo saxonnes ou européennes ?

Ainsi au fur  et à mesure que les taux d’intérêts exigés des pays du Sud augmentent, les banques européennes qui se refinancent à intérêt quasi nul auprès de la BCE, réalisent des profits mirobolants et croissants…sans risque puisque les agences, en  menaçant de déclarer un défaut de paiement du pays, parviennent par faiblesse de nos gouvernants à contraindre  les contribuables allemands et français  à   se substituer aux Etats  défaillants pour rembourser…les mêmes banques !!

Européens, Français , on vous gruge ! Réveillez vous !

Enfin, faut il que le sens de l’Etat, le souci de l’intérêt supérieur des Nations fassent défaut  en Europe pour que des gouvernants de grands pays se laissent dicter leur politique par trois officines aux ordres  de la finance.

« Combien de divisions » avait demandé Staline à propos du Vatican…même question aujourd’hui concernant les dites agences…

Il n’est pas d’Etat qui se respecte qui n’ait les moyens de mettre à la raisons ces tartuffes…encore en faut il la volonté !

Pensons y  lorsqu’il faudra choisir en 2012…


En attendant il faut trouver une voie avant qu’il ne soit trop tard et qu’un ouragan ne nous emporte.

Mettre fin à la spéculation, et permettre aux pays endettés de se redresser passe inéluctablement soit par une dévaluation de l’euro soit par la sortie de l’euro pour l’Europe du Sud.

Si l’Allemagne n’accepte pas cette dévaluation ( et la modification des statuts de la BCE) il n’ y a pas d’autre issue que l éclatement de la zone.

Sachons l’organiser de concert et à froid plutôt que la subir dans l’urgence.

Sachons l’accompagner d’une restructuration des dettes y compris en imposant aux banques (qui ont été sauvées par les Etats !) de renoncer à une part de leur créances.

Tel devrait être le tronc commun décidé pour l’Europe du Sud.

Que chaque pays ensuite, en fonction de sa situation particulière mette en place un programme adapté, tantôt d’assainissement public, tantôt de relance.  

Enfin que l’on enterre définitivement l’Europe libérale soumise aux intérêts des multinationales, de la finance , des USA ou de la Chine.

L’Europe ne peut être qu’à géométrie réduite entre pays de niveaux de vie similaires, partageant des valeurs communes , une ambition indépendante des grands du moment, et  respectant la diversité des vieilles nations qui la composent

Loin des lubies fédéralistes à la mode qui prêchent depuis Maastricht les abandons croissants de souveraineté avec les résultats que l'on voit, l’Europe ne sera que si chaque nation retrouve la volonté de puissance perdue et s’en donne les moyens, à commencer par une politique industrielle adaptée à ses structures et par la maitrise de ses grandes banques.


Tout cela ne peut être fait en France par le parti libéral ( UMP-PS-Verts) qui  a conduit le pays depuis Giscard à l’abandon, au dénigrement, au déclin et  l’entraine  inéluctablement vers une catastrophe majeure.

Le moment de vérité approche où il faudra choisir entre ce parti funeste et celui du redressement.

 

 

 

 Katsumoto

 

 

 

 

 

 

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Published by katsumoto - dans politique
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  • Diplômé EM Lyon, MBA York, 30 ans de carrière internationale en Europe, Asie, Amériques, comme cadre dirigeant /directeur général  dans des multinationales ou des PMI .
Président Club de pensée France Rebelle.
Conseil National de Debout la  France
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