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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 14:54

Les agriculteurs , une fois encore sont descendus dans la rue , non pour une jacquerie, mais pour leur survie.

 

En cause ? la dérégulation voulue par la Commission Européenne sous l’ influence des pays du Nord et de l’Angleterre peu pourvus en agriculture , qui rêvent d’une réorientation  des   43 milliards € de budget agricole annuel.

 

Les raisons de la crise actuelle sont bien connues :

 

-          Les libéraux au pouvoir dans la Commission, dont Mme Fischer Bosle est le bras armé pour l’agriculture , veulent des approvisionnements sur la base des cours mondiaux, et mettre fin à la Politique Agricole Commune en 2013

 

-          La même Commission impose en même temps aux seuls  agriculteurs européens des normes de qualité  sanitaire , de processus de fabrication et de traçabilité.

 

-          Les coûts de production sont ceux de l’Europe et, comme si cela ne suffisait pas, s’expriment en euros constamment surévalués sur des marchés mondiaux qui valorisent en dollars.

 

-     Le laisser faire des politiques français, et même de Jacques Chirac, qui ont lâché

      l’un des piliers de la construction européenne originale dotée d’une ambition

      stratégique toute différente d’une zone de libre échange sous influence américaine.

 

Que l’évolution des marchés et des technologies rendent certains aspects de la Politique Agricole Commune obsolètes, ou inadaptés , qui peut le contester ?

 

Que ce qui fonctionnait tant bien que mal  à 6 par la volonté franco allemande ne le puisse plus à 27 , qui peut le nier ?

 

Mais qui peut prétendre en revanche, que l’Europe, et en particulier la France, peuvent laisser filer  au nom de théories libérales et d’intérêts  de court terme leur agriculture dans un monde  affamé, parfois en désertification,  où la population qui vient de doubler en 40 ans continue de croitre ?

 

Qui peut soutenir en Europe, alors que la prise de conscience écologique se développe, que nos campagnes doivent être abandonnées ou que nos agriculteurs doivent chercher les plus bas coûts quand il leur faut repenser leur production en respectant  mieux l’environnement ?

 

En vérité, une fois encore nous payons le dogmatisme libéral européen d’un côté, et l’avachissement de la volonté de la France de l’autre.

 

La mauvaise vie de l’Europe, c’est en quelque sorte cette faculté de vendre nos marchés aux moins offrants, sans s’assurer qu’ils respectent  les normes et règlements de toutes natures imposés à nos producteurs, et d’avoir enterré la préférence communautaire.

 

La mauvaise vie de la France, c’est ce vice étonnant  qui consiste à soumettre ses intérêts fondamentaux tels l’agriculture quand même un petit pays en déroute comme l’Irlande vient d’arracher , contre son visa au traité de Lisbonne, des avantages essentiels comme  le maintien de sa neutralité, sa liberté de faire du dumping fiscal, voire le refus du droit à l’avortement.

 

La mauvaise vie de la France, c’est de continuer d’accepter  pour complaire à l’Allemagne un euro surévalué qui saigne peu à peu son industrie et son agriculture.

 

La mauvaise vie de la France c’est de gesticuler au G20  tandis que les banques américaines annoncent un record de 140 milliards de $ de bonus en 2009 et de laisser nos banques , bien françaises, se libérer au plus vite du contrôle de l’Etat pour reprendre leurs risquées spéculations et « bonusser » à l’envie,  plutôt que participer aux  risques des entrepreneurs.

 

La crise agricole ne peut être durablement résolue sans la préférence communautaire à l’intérieur de l’UE, sans une politique de change plus réaliste à l’égard du dollar et des monnaies qui s’y rattachent, à l’extérieur

 

La PAC, quant à elle doit redevenir ce qu’elle était à l’origine : un outil d’orientation et de soutien des investissements agricoles plus qu’un outil de compensation et d’assistance .

 

Pour faire cela, il faut une détermination sans failles, de chaque instant, et le silence de négociations  fermes vaut souvent mieux que de bruyants coups de mentons médiatiques.

 

C’est cela l’efficacité….seuls  importent les actes et les résultats, n'est ce pas?

Katsumoto


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Published by katsumoto - dans politique
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  • Roger Franchino
  • Diplômé EM Lyon, MBA York, 30 ans de carrière internationale en Europe, Asie, Amériques, comme cadre dirigeant /directeur général  dans des multinationales ou des PMI .
Président Club de pensée France Rebelle.
Conseil National de Debout la  France
  • Diplômé EM Lyon, MBA York, 30 ans de carrière internationale en Europe, Asie, Amériques, comme cadre dirigeant /directeur général dans des multinationales ou des PMI . Président Club de pensée France Rebelle. Conseil National de Debout la France

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